J












Journaux et

chroniques à l'état

brut (Classement par année )


1970-1980

142 PAGES






LES ARCHIVES D'ODYSSEUS










































LES ARCHIVES

BRUTS DE J

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28/10/20

RASSEMBLER LES ECRITS BRUTS DE J (Par années).

CHRONIQUES ROMA NS POESIE JOURNAUX INTIMES


Objectif:




Travailler à la publication (procéder au recemment) des écrits à l'état brut ,ceci parrallélement au travail de correction de la dernière version d'ODYSSEUS en cours de finition.


15/01/19

J






Ecrits (retrouvés) des années 70



CORRIGE NON REVISE






J.

















JOURNAL EN MIETTES

FIN 1972-Début 1973



BRIBES

CAHIER -ORANGE




















1972




BRIBES



POUR UNE DIALECTIQUE DE TOUS LES INSTANTS










AUTOPSIE AMOUREUSE





Mercredi 3 octobre 1972.

Matin.

Boulot, mal en point par rapport au mental ; la veille état de névrose, contradictions internes, mal de peau.

Ecrit projection poétique, lettre à Y.. ,lettre fictive; me rend parfaitement compte au fond de moi, que c'est idiot d'écrire des choses de ce genre sans avoir réellement l'intention de les formuler dans la pratique; d'ailleurs, vis à vis de Y..... .je suis passé par des états d'esprit plus ou moins incontrôlés; à présent il subsiste de moi à elle; par rapport à l'idée que je m'en fais, une ambiguïté certaine.

A l'époque ou je sortais avec B...M...J...Je recevais sur elle des impressions bien plus générales; des impressions imprévues dont certains détails peut-être fondamentaux m'échappent; et sans doute c'est dommage.










Je vis dans une sphère extérieure à moi-même; dans une sphère d’apparat qui cherche à s'éblouir .Elle cherche à s'éblouir par des projections imaginaires de moi-même devant une glace par exemple, là, des projections trés subtiles se nouent devant un publique imaginaire... désir de plaire ?

Il m'arrive certaines fois par exemple, de jouer les héros révolutionnaires, et s'en m'en apercevoir, dans ce trés court moment contenu dans cette projection de ma personne déifiée, je me prends au sérieux ; puis me faisant des grimaces à l'autre bout de la glace, je m'aperçois alors de la dérision des rôles que j'ai tenus à jouer tout à l'heure.

Ces projections que je réalise ; marquent en réalité, mon impuissance à réaliser dans le concret des

Aspirations réelles liées à ma nature.






Mon désir de plaire pourrait découler directement d'une impossibilité à vivre mes contradictions présentes, ou celles contenues et accumulées depuis de longues dates ; se représentant sous formes de désirs et de frustrations.

Désirs refoulés, remontant à la surface pour se faire dérision dans le rêve somnambulique de mes projections. Par exemple, ce moment ou je m'imaginais à la gare de N.... Devant la glace, je me délectais de mon physique. Je m’exhibais uniquement pour me faire admirer par Y..... sous un certain angle. J'étais avec des soi-disant situ (éléments héroïques) dans la foule ; je crachais à la gueule d'un flic. En fait héroïsme par rapport à des préoccupations révolutionnaires, mal assimilées.

A la fin, je disparaissais en tendant la main (théâtre subtil ). Puis, je m'imaginais que Y.. se mettait à pleurer après mon départ ,satisfaction perverse.

Quand la projection se termine, retour à la réalité.





Toutes les projections qui m’assiègent actuellement, ne font en réalité que traduire mon désir de baiser Y..

Désir de la posséder, comme on désir posséder une chose inaccessible pendant trop longtemps, et qu'en enfant coléreux je veux obtenir à tout prix.

Je pense d'ailleurs que l'état amoureux dans lequel je suis tombé pour Y.. n'était que la forme détournée d'un désir initial insatisfait; en réalité j'avais simplement envie de faire l'amour avec elle, j'avais simplement envie de la baiser.



J'ai craché pendant ces quelques jours plusieurs poèmes, (ce qu'on appelle des poèmes) autre projection qui marquait mon incapacité réelle à faire le pas vis à vis de Y..... C'est à dire incapacité ou impossibilité de dire à Y.. ce que je ressentais en réalité pour elle ;une sorte d'attraction purement physique.

C'est pourquoi il n'y a eu que des poèmes d'ombre.

J'en suis venu à réclamer la dissolution de cette poésie d'écriture. Je me dis; il faut que je m'arrête d'écrire, comme un poète d'écriture; ce jour là seulement, je deviendrai poète.

Mouvement à préciser.



Je ne pourrai certainement pas remonter suffisamment loin dans le temps ; pour analyser avec précision, cette suite d'erreurs que je commets dans le temps.





J'ai un problème d'intelligence consciente.

L'enchaînement dialectique des passions et comme celui des actes, il n'existe que par rapport à nos propres projections ; à celles que nous produisons sur nous-mêmes.






(non daté)


TROU NOIR




Je pratique le jeu raffiné du repli sur soi-même.

Je suis à cet instant même au cœur d'une grande débauche contemplative sur moi-même.

Je suis dans la contemplation de mon impuissance.

Je suis en contemplation sur ma terrible envie de crever comme dernier recours.

J'élabore le champ de projection d'une prétendue vie aux aspects différents de ceux que j'occupe à présent ; je fais cela sans être capable de trouver en moi la continuité d'exigence nécessaire à la réalisation minime de ceux ci.

Avant de me mettre à écrire ces lignes ; j'avais le sentiment qu'une rupture radicale s'imposait ; que je devais trouver en moi, les forces conscientes pour la réaliser.

A présent, j'ai le sentiment qu'écrire, comme je le fais à l'instant, ne sert qu'à justifier mes impuissances ; par les détours d'une projection écrite.




Je ne parviens pas à mettre la distance entre moi, et ce jeu masturbatif sur moi-même.

A ce moment précis ; je ressens le besoin fou de me jeter dans les bras de quelqu’un ; comme un enfant dans les bras de sa mère, dans les bras d'une femme ; dans les bras de Y... par exemple et de pleurer.







L'agitation inconsciente en moi gagne du terrain ; mes fantasmes émotionnels et psychiques prennent forme ; j'arriverai bientôt à la mise à nu d'une partie de moi-même en conflit avec elle-même.

Je dois mourir pour renaître ; ou bien je dois mourir définitivement sous certaines conditions.

Si j’exclus le recours suicidaire, c'est qu'une force profonde liée à l'instinct de vie demeure gravée en moi.

La forme suicidaire par l’abrutissement ; j'ai vaguement conscience de l'accomplir en traçant ces lignes ; le sens des mots m'emporte ; dramatisation lyrique voilée, sous la forme de la description pseudo - analytique.

JE SUIS COMME UNE AUTRUCHE LA TÊTE DANS LE VENTRE ME CACHANT


Il n'y a qu'un acte concret qui puisse m'aider à abolir man ancien mode de vie ou l'insatisfaction creuse sur elle-même ses propres déplaisirs.

Il n'y a qu'un acte concret qui puisse de nouveau rendre ma conscience autonome ; c'est celui qui m'oblige à prendre conscience qu'en moi réside ma propre négation. Prendre conscience de ce qui s'oppose à ma propre détermination, c'est rassembler en moi le jeu des forces solaires.

Ne pas prendre les ombres pour la réalité ; ces ombres ne sont que la résultante d'une lumière projeté par les rayons solaires. "Ouvrir les yeux à la lumière du monde" plutôt que s'attacher aux ombres qui dessinent des choses impalpables sur le sol.




SAMEDI MATIN 12H30




ECLAT




J'écris au soleil.

Beaucoup de choses restent à préciser en moi.

C'est comme un nerf qu'on doit tirer et qui résiste.

Je fume énormément.

Le fais que je sois au centre d'un conflit intérieur m'empêche d'intervenir.

J'aurais besoin de récupérer de la distance.

J'ai mis à jour une espèce d'agressivité ; il faut que je la décharge.




Changer l'ancien ordre des choses en le saignant ; c'est ce que je suis en train de faire.

Je me renforce dans l'appareil de la dureté.

Ou sont les sentiments ?

Le sentiment d'amour ?

La difficulté dans les périodes de trouble intérieur et de ménager ceux qu'on aime.

Toutes les choses que j'aurais voulu faire et que je n'ai pas fait à cause du milieu sécurisant familial me reviennent ; je dois les énoncer clairement afin de les dépasser.






LUNDI 8


Je suis toujours sorti vivant de mes crises j'espère bien sortir vivant de celle là ; c'est ce que j'ai répondu à R.. qui était venu me voir hier et qui me trouvait fort mal, il voulait que je le conduise à V.. Je lui ai répondu que j'en étais incapable, que j'avais surtout besoin de rester seul. R... a de longs cheveux noirs, je l'aime beaucoup, mais aujourd'hui j'ai besoin d'être seul.



SANS DATE




Je ne cherche pas de certitude ; je cherche ma propre certitude.





LE 11.



Je suis comme un volcan prêt à éclater, il faut que mes parois tombent.

Je sens en moi un océan d'énergies prêt à se transformer







SANS DATE



Il me semble ce soir qu'une partie du volcan qui couve en moi s'est répandu dans l'essence des choses sous une forme active.

La trame de mon existence s'apparente à un mouvement en hachure.

C'est après midi je suis allé à la montagne en voiture. J'ai emporté Sexus avec moi. M...(l'auteur de Sexus) m'affole ; je retrouve avec lui une multitude de choses vécues qui sont les miennes et qui correspondent à des instants qu'il me semble avoir vécu.




Le LUNDI 17.


Je viens d'écrire pour trouver un nouveau boulot, éducateur.





LE 23 OC.




DECEPTION


J'avais mis certains espoirs dans cette place hypothétique d'éducateur ; me revoici au même point de départ .D'ailleurs je n'ai nullement vocation pour ce genre d'affaire. Si je l'avais au départ, c'était purement dans un sens destructeur, apprendre aux soi-disant délinquants à se servir des armes conscientes résiduellement déposées en eux sous formes obscures ; les aider à plonger leurs mains dans la boucherie vivante de leur révolte pour l'affiner davantage.





SANS DATE



Nous sommes en octobre, j'ai décidé de me remettre à écrire sur divers projets de pièces et de romans en cours d'un point de vue purement didactique, dans l'intention de perfectionner ma maîtrise de l'expression. Je pense que j'écris mal, que tous mes écrits sont mauvais.

Je dois consacrer un certain temps à des exercices d'algèbre.


































1973







Août 73



J'ai certains jours envie de mourir, de m'oublier, de disparaître de me noyer dans les méandres d'un espace non encore délimité non encore conscient non encore sensitif.






NOTES POUR :

Diverses études projets.


Sur les techniques romanesques.

Réflexion sur le sens de l'écriture.

Sa réalité dans la pratique, ses impératifs.

Réflexion sur l'instrument qu'est le langage, sur sa vérité, sur sa fonction.


Poursuivre dans le théâtre la réflexion intermittente déjà commencée.

Projet de graphisme. Peinture japonaise.

Préciser les projets poétiques.

Renouvellement de l'écriture poétique.

Sentir l'équilibre à développer entre l'intellectualité (la fonction déliée de la pensée ) et l'intuition, la sensibilité.

Il y a une dimension illimitée ; celle là je la pressens sans bornes ; c'est la vision détachée et transparente de l'essence.

L'essence du signe, tout un vertige.

Là l'examinateur n'existe plus comme ni comme juge ni comme critique ; ni comme analyste, ni comme opérateur ; il est seulement le témoin ; le pur témoin de la vie mélodieuse qui germe (en lui) et autour de lui.


J'ai besoin d’éliminer en moi toutes les tensions, les crispations, les exactions qui développent dans toutes les parties de mon être une imperceptible douleur, une douleur artificielle.

Mourir à l'extérieur, pour m'absorber à l'intérieur.



Dentiste 33OF

Impôts 33OF

Assurance 3OOF

Suit une liste de dépenses. Essence cigarettes etc..


Le cahier se termine sur un mot adressée à une jeune femme qui se prénomme C…



C……..



Un petit mot pour toi,

Un mot pour ma jolie reine ! .


J'ai qu'une pensée, m'étendre dormir, serrer tes seins avant de dormir et te mettre ma .... là ou tu l'aime.


Bisous. Bisous

A samedi

JEAN






























ST.J.D'ASTRE
















JOURNAL EN MIETTES


1974

CAHIER-JAUNE














LA PREMIERE PAGE DU CAHIER JAUNE CONTIENT UN DESSIN









SANS DATE






Cet après midi, je comptais bosser sur une pièce (la cène ) ; me suis aperçu que je manquais d'organisation, j'ai perdu l'habitude de ce genre de travail. Je dois rassembler une série d'éléments photographiques et visuels ; de la documentation, et poser le principe d'une heure de travail au moins par jour sur la pièce.








NUE





Cet après- midi, je comptais voir E... Je l'attendais comme une sorte d'image irréelle; une image irréelle de plus en plus réelle, car elle existe réellement c'est vrai; mais son apparition me donne l'impression quelquefois d'être à légal d'un film, elle pourrait être un personnage de bande illustrée, tant son corps, son visage, toute son allure me renvoient à l'image d'une femme fantasmé.

Il y a en elle dans la sensualité encore adolescente de son corps quelque chose de profondément voluptueux, quelque chose de la naïade (comme si une fontaine ou une rivière coulait de ses hanches) avec en plus la materna en puissance. E..... c'est le naturel de la nature; elle à les rondeurs et les charmes des femmes de Renoir, un peu aussi de celles de Maillol , peut-être un peu aussi de celles de Rubens.

Ses mains par rapport à son visage me surprennent, elle a des mains qui traduisent quelque chose que son visage semble cacher. Ses mains expriment peut-être la véritable sensualité qui est contenue dans son corps ; si je voyais son corps nu, je saurais déjà tout sur elle ; car ses mains m'ont déjà dévoilée toute sa nudité.

Je n'ai pas vu E..... Mais j'ai rencontré M...

M... c'est une autre espèce de femme. M... c'est une sorte de feu aussi bien intérieur que proprement charnel. Son affectivité est tellement débordante qu'elle pourrait m'agresser à force de brûler.












LE 2 ...? 74





NUE (suite)






Cet après midi en me réveillant (je travail de nuit) j'avais la tête remplie de E... C'est drôle ,c'est parfois stupide; c'est toujours douloureux vers la fin.Ca commence par un besoin tout petit, celui de la voir ; puis ça s'amplifie, puis ça deviens une douleur.

J'ai comme la sensation malheureuse, que le contact entre elle et moi ne se fait pas ; il y a une sorte de mur invisible entre nous, un mur qu'il faudrait désintégrer. Le jeu complexe de la relation entre deux êtres c'est emmerdant oui c'est emmerdant quand ça ne marche pas.







LE MARDI....


Ce soir au secourisme ai retrouvé des impressions d'enfance, une sorte de beau climat régnait entre les gens. (Le reste du texte est illisible)







LE MARDI 22 janvier




DEGLINGUE




Travail de nuit.

J'ai d’énormes difficultés à travailler d'une façon continue sur les projets en cours, sur les pièces en particulier ; mais il me semble avoir cerné en gros une partie du processus de la pièce A et L ; je dois passer à la transcription visuelle.

J'ai mis à jour certains moments d'écriture intéressants, pour le roman. C.U.

Mes difficultés actuelles proviennent de mon manque de coordination dans mes projets.

Je manque de méthode et de concentration, je dois mieux répartir mes énergies, ne pas disperser mes forces. D'autre part, ces jours ci, j'ai tendance à dériver les week-ends, cela me rend encore plus déphasé ; je dois me ressaisir intellectuellement. Mes torpeurs romantiques, prennent parfois des allures débilitantes.









LE DIMANCHE 27 janvier







POUR THEÂTRE

notes visuelles




Danse fascinante de fantasmes géants, étoilés, rouge et noir gris également, puis multicolores ; ils exercent sur scène une pression sensuelle et produisent des rapports de gestuel d'une beauté quasi érotique ; la lenteur se succède à certains états galvaniques comme aux frémissements.

Contrepoint musical. Le reste des notes est illisible.

Je suis toujours surpris en lisant A... de sa vitalité.

Je viens de lire certains passages du tome II de ses œuvres complètes.








DIMANCHE début février




X




Ai passé des heures surnaturelles auprès de X....mais aussi en elle.

Ai du mal à retourner sur terre.

C'est pourquoi je me suis fixé une période de laisser aller.







SANS DATE.







Il y a un côté actif de mes facultés que je dois refaire apparaître, c'est le côté esprit, en tant qu'activité raisonnée et consciente. Utiliser mes facultés conscientes pour faire de la vie "un champ d'activités libres." Je me trouve en ce moment dans une période de trouble non élucidé ; ce trouble est déjà une désaffection de mes facultés conscientes de mon esprit qui refuse de se saisir comme activité consciente ; comme action.









Je dois donner forme à ce projet qui me coure dans la tête. Acheter une parcelle de terrain dans un coin quelconque et y construire une loggia en bois, ou je puisse me retirer pendant un certain temps, pour faire le point, pour jouir de l'espace et du temps, et pour écrire posément



















LE VENDREDI 8 MARS

Je me trouve dans une période de dérapage, je n'ai pas touché à un seul canevas de pièce depuis longtemps.

Ai travaillé de nuit

Ai la tête comme une nébuleuse.


Géographie interne de mon rapport avec moi-même ?

Géopolitique de mon devenir ?

Pour une stratégie situologique des instants à venir... bla

Et bla bla ...

Et bla bla bla..








SANS DATE






Une femme a débusqué en moi des énergies animales, il me reste à m'en saisir pour en tirer parti.

La violence ne domestique pas l'art !






SANS DATE








Je dois sortir régulièrement de mon tourment créatif pour l'exorciser.











SANS DATE








J'ai besoin de la mer.






SANS DATE









Ne pas se départir d'un rapport d'expérimentation dans l'expérience des rapports.









VENDREDI 7 avril







Ecrire en détail sur ce que j'appelle faussement "la relation" décrire les moindres instants de mon existence avec C …










SANS DATE







FOLIE




Cet après midi, j'avais imaginé pouvoir écrire en un seul jet trois romans (une trilogie en fait)

Le conciliabule.

Les poupées noires.

La dent blanche.

J'imaginais la direction que pouvait prendre chaque roman si je croisais les thèmes qu'ils revêtent.

J'étais même allé plus loin, car j'avais imaginé que les mots du roman pourraient prendre une signification autonome ; j’essayais d'imaginer comment ils se comporteraient s'ils se comportaient comme des êtres vivants, comme des êtres vivant en relation les uns avec les autres ; j'imaginais que les mots devenaient le véritable sujet de l'enjeu romanesque, et qu'ils étaient les véritables acteurs du roman. (Frisson.)






SANS DATE





Quelques consignes intellectuelles à ne prendre au sérieux qu'en cas de trouble

nerveux.




1-Conserver toujours par rapport au concept une force, en dernier lieu de dépassement sur l'objet. ( très vague!)

2-La force de dépassement se situe au delà de l'idée même qu'elle implique, dans une sorte de faculté d'aller plus haut que ce qui est immédiatement perceptible. (Nac !)

3-Se remettre à l'étude pure et gratuite, seulement en vue de conserver un bon rendement intellectuel. (Zob !)

4-Ne pas se laisser enfermer dans des idées, des concepts, des partis pris, des abnégations, des «a priori  » des casuistes, des mots, des personnages et tout et tout ; c'est d'une simplicité élémentaire comme vous le verrez si vous appliquez ces consignes.








SANS DATE










Je me suis entendu me dire intérieurement" Je dois prendre sur moi d'organiser avec plus de convictions et de détermination ma vie d'écrivain" Et cela ma fait sourire, car ma vie d'écrivain n’a jamais existé.

Si mes projets littéraires tombent à l'eau, c'est que je ne peu pas subvenir à leurs besoins.






Je manque d'aptitude à la volonté d'écrire, en dépit des circonstances toujours défavorables qui m'empêchent soi disant d'écrire, mais qui ne sont toujours assurément que des faux prétextes.







Je pense que je gagnerais beaucoup à mettre à jour une méthode de réflexion qui me permette de ne pas trop m'égarer dans les fonds obscurs de ma sénilité verbale.











Ce que je recherche inconsciemment en dépit de mes fantasmes littéraires, c'est le sens fondamental de la vie ; c'est là que se trouve le nœud ; le nœud c'est moi-même et le nœud c'est aussi la vie. Je suis pris au nœud de la vie.









MAI







Nous sommes lundi.

Temps lourd, un orage se prépare qui ne vient pas.

J'aime cette odeur de feignantise qui suinte dans l'air environnant.

Je sens la flemme qui me gagne, un seul regret elle n'est pas aussi totale que je l'aimerais.









SANS DATE







L'ARBRE DE VIE





L'arbre intérieur ; je voudrais m'abriter dans cet arbre sans le laisser grandir ; alors qu'il doit pousser et croître à sa propre mesure selon l'ordre de vie qui est en lui ; m’asseoir sur une branche et le regarder pousser, c'est minable ; je vais louper mon ascension pour le réel, pour la vraie vie" la dimension sans contrainte de mon être total".






















JOURNAL EN MIETTES

Notes de juin 1975 à décembre 1975

CAHIER BLEU































Le 5 JUIN 75.



C'est le rapport versatile de mes propres contradictions face à moi-même qui me rends vain.



Les pièces que j'avais programmées les années passées, semblent désormais appartenir à un monde qui a vécu ; les préoccupations qui étaient les miennes ont presque cessé d'être les miennes.





SANS DATE





Il me semble que ce que j'appelle ma clairvoyance est en train de se tarir.






SANS DATE




ENCORE UN PROJET D'ECRITURE



J'ai entrevu cette chose en rêve comme souvent.


J'ai entrevu une sorte d'écriture énigmatique ; une trame transparente d'écriture, qui ciselait des SIGNES DANS L'ESPACE, un peu comme la peinture (chinoise) cisèle des formes dans l'espace ; ou comme dans une œuvre musicale lorsqu'on forme les yeux pour écouter et que l'on voit apparaître des montagnes des fleuves ou des nuages.















Mardi. Veille du 1er octobre :




ENCORE E...








Travail le matin ; journée plane. J'ai fumé quatre cigarettes. Bouquiné un livre sur le Yoga.

Prurit anal.

Ai cherché à voir E.. ne l'ai pas vu.

Ai besoin d'elle, mais en même temps je suis indécis, je nage entre deux eaux.

Ai écrit à Y... En relisant sa lettre, j'ai soudainement eu envie de partir dans le midi, comme lui.







Je me trouve dans une phase de transformation presque imperceptible







DIMANCHE



TOUJOURS E...







Suis passé chez T... (ldéesse)avons fait tourner les tables. J'ai attendu E.. qui ne s'est pas décidé à venir.









MARDI




TOUJOURS E...




Travail de nuit.

Je suis poursuivi par des fantasmes romanesques et infantiles.

En me réveillant ce matin, flottait autour de moi l'image de E... C'est une image fantasmé idéale.

Mon délire de fixation, m'emprisonne en même temps qu'il enferme E... dans une image contemplative.

Cette fixation douloureuse me trompe sur la nature de mes sentiments à l'égard de E...

Je ne l'aime que parc’que je l'idéalise de façon qu'elle me devienne presque inaccessible.

Si je persévère à vouloir la rêver de la sorte, je ne vais pas m'en sortir. Je risque de la tromper sur la nature de mes véritables sentiments, car je me trompe moi-même sur leur nature.

Je dois m'efforcer de mourir à mes fantasmes.

Je dois essayer de voir clairement ce qui m'attire en elle en dehors du fait qu'elle me renvoi à l'image d'une femme rêvée ou fantasmé.






SANS DATE




SOUVENIR DE B.... UNE AUTRE FEMME QUE J'AI AIME A LA FOLIE






Dans l'espace clos de ma folie narcissique, se nouent en moi bien souvent des choses qui m'échappent. Comme dans ma relation avec B... ( femme idéale, beauté sublime presque absolue, elle incarnait pour moi la pure beauté physique ). Période idyllique puis rupture sentimentale brutale qui a brisé net tout mon élan et qui ma fait mourir d'un seul coup d'un long. trait douloureux. Je l'avais trop vénérée. Ma lucidité alors ne m'avait servit à rien.





SANS DATE





LUCIDITE





Mon mal être à l'égard de la femme se joue dans cette dépendance que j'éprouve vis à vis d'elle. Lorsqu'il m'arrive d'en tomber amoureux ; je redeviens comme un enfant ; je régresse au stade embryonnaire. J'utilise la femme dans ces instants comme matrice pour tenter de renaître. Je renais en elle sous une forme fantasmée, j'ai besoin d'en faire mon objet de l'idéaliser, j'ai besoin de l'enfermer dans mon fantasme.






SANS DATE





ENCORE E...





C'est parc’que je me refuse d'aborder de front la relation "ambiguë" que j'entretiens avec E... que les choses ne parviennent pas à évoluer.




Je suis collé au fantasme qu'elle me renvoi ; c'est pourquoi j'ai du mal parfois à établir un véritable contact avec elle ; je ne la vois pas telle qu'elle est, mais telle que je la rêve.





SUR UNE PAGE ISOLEE.



Je vis dans l'alternance de périodes délirantes et déraisonnante.

Au-dessus mon cœur rit !



MARDI MATIN 5H



Nuit affligeante.

Longue divagation dans la nuit blanche de tissu.












LUNDI MATIN





E... ET T...

ENTRE DEUX FEES.





Nous étions dans la grande maison, chez T...( la déesse).

Je me revois avant hier au soir, dans cette situation surréaliste entre E….et T…à la fois ravi et pétrifié J'étais pétrifié par la peur dans cette relation à trois totalement imprévue.

Je sentais T...... tout prêt de moi presque collée à moi, je n'avais qu'un simple geste à faire pour me pencher vers elle, pour coller mon visage contre le sien, pour me laisser aller à la tendresse que j'éprouve pour elle, depuis notre première rencontre sentimentale qui fût d'un ordre quasi surréel; en même temps j'ai face à moi le beau visage de E..... dont le corps est emmitouflé dans une grosse fourrure brune. Je regarde ces deux femmes trés belles toutes les deux, et je retiens ma respiration de peur de casser cette scène surréelle ; il y avait un disque qui tournait une musique peut-être... J'avais imperceptiblement la sensation que quelque chose se passait entre ces deux femmes ; elles se regardaient et se parlaient à voix basse ; j'avais comme la sensation que quelque chose en provenance d'un autre monde venait de faire irruption dans la pièce C'était un peu comme si deux formes issues de la féminité se rencontraient. Il y eut un temps presque interminable ou je n'existais plus, quelque chose se passait ici qui dépassait ma simple petite personne.


Je restais immobile comme pétrifié au milieu de ces deux femmes que j'aimais autant l'une que l'autre ; j'avais pourtant très envie de faire l'amour avec T… et je croyais qu'elle en avait envie elle même, car je sentais à mes côtés son corps qui m'envoyait des vibrations .Je ne voulais pas pourtant me pencher sur T..pour la prendre dans mes bras et pour l'embrasser ,car je ne voulais pas me jeter dans une démonstration de tendresse devant E..... cela m'aurais plongé dans un malaise innommable.

T.. dut sentir cette chose , car elle se leva brusquement et sortit d'un seul coup ,brisant l'équilibre qui s'était installé dans l'espace. Juste avant que la porte se ferme je vis son regard qui me souriait. Elle nous dit bonsoir et nous souhaita bonne chance, à tous les deux ; comme si elle avait décidé que nous devions rester ensemble, parc’qu'elle avait décide qu'entre moi et E… un trouble subsistait qui devait être levé.



Je suis resté seul avec E… Nous avons joué aux échecs et plaisanté; mais le voile qui demeure toujours entre nous ne s'est pas levé .Je ne me suis pas penché sur elle pour la toucher, comme j'aurais pu le faire avec T...je me contentais de me délecter de sa présence. J'avais l'impression de jouer à être son grand frère , et elle se prêtait à ce jeu avec gaieté et simplicité .J'aurais sans doute du la prendre dans mes bras et l'embrasser ; je me suis contenté de l'envelopper dans mon corps de guerrier imaginaire. Je l'ai reconduit chez elle au milieu de la nuit. Je n'ai pas tremblé. Je l'aime de loin, je l'aime de si loin que cela m'échappe.








MERCREDI



Au début d’après - midi fantasme sur E…..













JEUDI




Je pense qu'il serait bon de m'attaquer à quelques miettes littéraires.





SYNOPSIS pour un roman.

Un homme loup surgit dans une vieille bicoque ou règne une femme déesse.

Cette déesse règne sur deux hommes enfants.

Rapport de l'homme loup avec la déesse.

Rapport de l'homme loup avec les hommes enfants.

Ecrire l'histoire, comme si tout se passait dans un rêve.





SANS DATE




J'aimerais me débarrasser au plus vite des acteurs qui demeurent cachés dans mon théâtre intérieur, malheureusement ils resurgissent plus vivant à chaque fois.











PARIS


( Le journal n'en fait pas état, mais le scripteur entre-temps est descendu pour vivre sur Paris ; il s'est inscrit à l'Université Paris VIII dans la section théâtre)





LUNDI 20 NOVEMBRE



Ne pas manquer à soi, continuer à inscrire mes petits pas dans ce journal en miettes.





La fac de V...c'est l'image du négatif, le négatif de l'image, le champ de la joie et de la vie inversée.




MERCREDI




J e suis dans une position de transfert.

Rien que des réminiscences.

Lorsque je rentre dans ma piaule ici (à Paris à présent) je n'ai pas l'impression que ma vie a réellement changée, par rapport à l'époque pas si lointaine ou je rentrais de la boîte (l'usine).








J'ai heurté les temps ci la propre image de ma désolation entrevue à travers l'image surabondante de la culture ; parc’que toutes les références ici (à l'université) semblent vouloir s'affirmer en même temps ; elles s'affirment dans le vide.

La culture ici ne fait que paraphraser la vie ; il en ressort au bout d'un certain temps une impression désagréable ; on a l'impression de vivre dans un grand cirque, les AG qui sont nombreuses ici en seraient l'extrême caricature ; sorte de microcosme terrifiant de la terreur par les mots ,elles se donnent comme des messes ,alors qu'elle ne rythme que le vide. Seul le silence qui tombe par instant, rend ce chaos sympathique.









MERCREDI 25.







Je ne me sens pas réellement concerné par ces luttes intestines (universitaires). Je me tiens depuis toute une période volontairement à l'écart du lieu des engagements (et affrontements) sociaux, tout en me sentant de toute évidence bien dans ma peau.

Je suis là dans une position que j'observe avec incrédulité.





Est-ce que j'ai réellement l'intention de prendre en main cette démarche, celle qui consisterait à travailler théâtralement.




J'ai déjà formulé mon impossibilité à retourner travailler dans les Vosges même pour y fonder un projet théâtral.




Je dois reconnaître qu'il y a en moi cette tendance irréversible qui se prolonge ; j'ai de plus en plus horreur de l'activisme ; c'est pourquoi sans doute je ne tiens pas à me retrouver coincé dans une forme de théâtralité militante, comme celles auxquelles me renvoi l'université.






Je ne veux pas me payer de mots, je dois pourtant le dire,

ce que je recherche intuitivement, c'est la synthèse d'un nouvel art de vivre.

Je recherche un choix de vie adapté à mon évolution propre.

Je n'ai pas d'autre ambition que de vivre en harmonie avec moi-même.






MERCREDI 27.





Je reprends des forces.

J'ai eu une phase à vide une phase creuse les jours derniers, il me semble tout bonnement que c'était le fait d'une mauvaise nourriture.

Je cuisine à présent du riz complet, avec adjonction de miso de carottes et d'oignons ( ying et yang).

Ma fois je trouve que le règne accordé à la nourriture à son importance, et je me félicite de commencer à me nourrir de celle là, plus saine que celle que j'ai absorbé les temps derniers.




J'ai reçu une longue lettre de T... (la déesse) aujourd'hui.

C'est comme une sorte de grande caresse "sans mots" malgré qu'elle écrive et qu'elle les utilise ; derrière les modules de son verbe... UN CHANT D'AMOUR. un long frisson qui passe et qui repasse, comme après le passage de la lèvre lorsqu'elle effleure la peau...J'embrasse!



Je m'organise en vue de produire un certain nombre de travaux d'ordre intellectuel pour la fac.











MARDI



A... et K... en provenance du sud sont passé, ils doivent repasser.

Hier soir cours de N... Impro. Ai failli tomber dans l'émotion pure, par manque de distance, d'où mon étonnement de constater que je venais de faire l'expérience pratique du travail technique prôné par M...ce grand metteur en scène. C'est N....qui me la dit.





Tourner dans le vide se refroidir tomber dans l'inertie du rapport avec cette accumulation d'existences vides qui nous passent sous les yeux et que le cerveau mange .

Ceux qui marchent dans cette ville sont comme moi, des somnambules. Le savent-ils?

Heureusement il y a les diversions de l'intellect , c'est à dire les mille plaisirs qu'on se fait pour échapper à soi.




A L'AUBE 7H



Masturbation- Insomnie.


Nuit d'agitation et de désordre.

Doit régler mes mécanismes encéphales de façon à fournir en temps voulu selon normes quota de travail intellectuel pour cours programmé à ces dates. 2O février. Meyerhold.

19 Mars Cube et sphère.

23 Avril Grotowsky


Cette folie régulatrice ,celle de l'université m'empêche pour ma part de m'étaler .Essais réflexions diverses (contes, nouvelles, romans, )Les délires contenus dans mon appareil encéphale n'arrêtent pas de produire des projets littéraires imaginaires, tous plus insensés les uns que les autres; vieille manie héritée du passé qui refuse de cesser.




MARDI SOIR





Envie à certains moments de m'abandonner à cette sorte de tristesse nauséeuse, celle qui frappe le marcheur ou le voyageur qui ne sait plus dans un moment d'égarement pourquoi il a décide d'entreprendre son voyage; comme je sais que cette tristesse tombe sur les épaules des plus fervents voyageurs, je ne dois pas m'en inquiéter, je dois plutôt hausser les épaules sur son passage.






Dans mes moments d'abandon, je dois prendre l'écriture pour ce qu'elle réellement " une sorte de jouissance par défaut".







Ma mystique est celle d'un païen.






SANS DATE







Mon isolement sous prétexte de me consacrer à mes créations n'est qu'un alibi pour ne rien faire; puisqu'en réalité, je ne crée rien.

Dans cet isolement se perdre en soi est la pire des vanités ,il vaudrait mieux me mélanger avec ceux de mes amis qui ont décidé de vivre en communauté pour travailler sur la pièce d'un certain Living théâtre. Bien que le L…. ne m'attire pas vraiment







SANS DATE






SYNOPSIS


(A filmer comme dans un rêve.)



Une matinée ensoleillée sur Paname.

Un jeune homme marche dans les couloirs du métro; il tient un sac chargé de provisions dans une de ses mains.

On le voit sortir d'une bouche de métro, puis marcher dans la rue.

On le voit franchir la porte d'un immeuble cossu, puis prendre un petit escalier minable.

On le voit monter le long de cet escalier.

Il arrive devant une petite porte; on le voit l'ouvrir. Balayage de la caméra sur l'espace de la chambre ( une petite chambre de bonne).On doit sentir le vide de l'espace et la désolation qui règne dans la chambre, lit défait, documents entassés sur une table, sensation de solitude et de mise en abîme.

On le voit déballer ses provisions sur une petite table.

Il fait un beau soleil dehors, il ouvre la fenêtre de sa chambre, puis il enlève ses vêtements, et les éparpille dans la chambre.

Il se retrouve nu.

Il s'allonge sur un tapis , prés de la table à provisions; il s'empare d'une bouteille contenant de l'huile, il fait couler de l'huile sur son corps nu.

Il s'empare d'un œuf, et le casse sur son ventre; puis mélange l’œuf à l'huile, puis il se caresse lentement.

Il s'empare d'une banane l'épluche et se masturbe avec la peau.

Le soleil éclaire la scène créant un clair-obscur dans la chambre.

La camera tourne et se fixe sur une affiche représentant une vue de Paris prise au ras du sol, de sorte qu'on y voit apparaître en gros plan des pavés. Sous la photo figure cette légende .

SOUS LES PAVES LA PLAGE.




FIN































ECRITS D'ERRANCE










1976-1977

UN CAHIER JAUNE SUR LEQUEL UNE GRAVURE

DATANT DU MOYEN-ÂGE SE TROUVE REPRODUITE







1976


SANS DATE




Je manque de force pour créer; mais ce n'est pas seulement cette constatation là qui m'afflige ou qui m'ennuie; c'est plutôt le manque de consistance que je découvre en moi en permanence.



Un oiseau d'abîme médite en douceur sur le bord de ma fenêtre.



Je voudrais retrouver comme dans le geste du labour ou du semeur, le sens du désir, qui est la spontanéité de l'activité créatrice.



Je suis comblé d'incertitude.






SANS DATE




Je voudrais avoir dans la tête par amusement, un précis d'idéologie fonctionnelle.



L'activité intellectuelle chez moi, témoigne d'un manque à cette heure, manque à penser sans doute...mais surtout manque tout court.







JANVIER 77.






LE TOUT DEBUT D'UN RECIT.







C'était en allant au boulot ,pour le compte de la CCA, ce matin vers huit heures trente; en arrivant sur le boulevard de la Chaussée D'Antin; le jour se levait à peine, il avait légèrement plu ; le sol était luisant; les lumières de Paris dégageaient une forte dose de blancheur; une de celle qui vous donne tout à coup ,un coup d'âme ;je la vis resplendir divine silencieuse imperturbable, à travers l'éclat sombre d'une vitrine; elle marchait sur le trottoir; je du me retourner pour la voir.

C'était elle, c'était bien elle; c'était la femme immortelle que j'avais entrevue dans un de mes rêves ,il y a de cela quelques jours. Elle avait revêtu la forme innommable d'une déesse; son corps languissant vêtu de blanc jetait des éclats de lumière précieux sur la chaussée luisante; elle passa s'en me voir; je du courir après pour la rattraper..










SANS DATE








PETITES NOTES POUR SERVIR A UN

RENOUVELLEMENT DE LA THEORIE DU RECIT





Les états de fonctionnement du récit tel que je les entrevois s'apparentent à ceux d'un torrent.

Le rythme, les rythmes de l'écriture, leur passage à l'état de récit "sonore" constituent une des parties de cette théorie du récit.

C'est la pure sonorité des phrases, qui doit marquer le sens du récit.

Ainsi on écoute plus qu'on lit ces récits, on les écoute vocalement ,car c'est leur vocalité qui les fondent.

De la même façon se fonde un corps visuel spécifique au récit ,lorsque nous l'utilisons l'écriture comme pure empreinte sur la page .C'est le cas naturellement des CALLIGRAMMES. Ainsi nous pouvons disposer d'un récit ou s'enchevêtrent les sons ,issus des rythmes de l'écriture ou en provenance d'une VOIX INTERIEURE, et les formes visuelles, issues de la disposition des mots sur la page. Nous obtiendrons à l'aide de leurs combinaisons alors un livre qui renouvelle en partie, l'idée que nous nous faisons de la littérature .Du moins j'ose l’espérer.





MI- JANVIER 77


E …



Je viens d'aménager dans un nouveau décorum avec E…

Nous allons vivre à deux dans cette demeure.

Pour le moment j'éprouve beaucoup de difficultés à gérer cette " communion" (cohabitation).





Les états de mes réflexions à l'heure qu'il est sur la littérature "Forcément très peu".





J'ai eu en tête les jours derniers l'essai de R. Barthes sur le zéro de l'écriture.

Ce qu'il a dit de Flaubert ma beaucoup intéressé.







SANS DATE






J'ai posé un livre sur la table en bois blanc; c'est la première fois que je m'y installe, c'est son inauguration en quelque sorte.

Ce livre ULYSSE...j'imagine qu'il n'est pas encore écrit et qu'il va falloir l'écrire.

Voilà à quel jeu je me livre en ces temps ordinaires.









UN FRAGMENT




Shizo distinctement sorti de sa poche droite un bouton( sans doute l'avait - il trouvé là, car à ses vêtements aucun ne manquait).

Shizo marchait à pas feutrés, comme pour prévenir l'intrusion d'un ennemi.

Shizo, se parlait à lui-même; ou peut-être se soliloque qu'il produisait n'était-il peut-être qu'un signe de connivence porté à ses partenaires multiples, à ses différents moi.



Maso ,traça un trait ,une ligne droite, et se mit à grincer des dents. Il glissa l'annuaire de sa main droite (celle qui sert) entre ses dents et le mordit très fort jusqu'à saigner. Il prononça alors ces quelques mots toujours entre ses dents " je l'ai fais exprès! " et il traça un autre trait ,puis une seconde ligne droite.



Margo, que faisait Margo dans ce lieu? Le sillage de ses formes volutes et rondes sensuelles ne laissait présager rien d'autre que des troubles. Elle tira un mouchoir de sa poche, et le jeta par terre.


Artd'jo qui ne la quittait pas des yeux, se mit à bander en voyant le mouchoir tomber d'un flop si leste, il se força à éjaculer directement à ses pieds, comme pour prouver aux autres qu'il était en état d'inspiration et que son état de grâce à lui ne tombait jamais en défaillance. Artd'jo nommait ses moments de grâce, des moments " avant-gardés ";il montrait ainsi à toute l'assistance sa faculté perpétuelle à érecter, ce qui n'avait de cesse de galvaniser Erecto son frère de lait; car lui n'étais ce pas son domaine ces spécialités érogènes; ces paysages à la limite du scato ,il en savait plus que Artj'o c'était sur! Il tira sa langue deux fois dans sa bouche et propulsa un jet de salive sur les chaussures de Margo et puis s'essuya le visage en riant. Ce que voyant Margo lui pissa sur le nez. Et tous deux commencèrent par se chamailler.



Moralo qui n'avait rien vu de la scène trop préoccupé qu'il était à tirer sur ses lacets de souliers pour tenter de se soulever lui-même Moralo se releva deux minutes; puis il dessina un octogone sur un tableau noir ,ensuite il se moucha copieusement, ensuite il s'aspergea d'eau de Cologne et par deux fois prononça le mot fatal " Je dois! ".Deux fois et trois fois il sorti son mouchoir ,puis bruyamment se moucha.

Se fut ce moment que choisit super maso pour se jeter contre les volets de fermeture automatique des portières qui fermait la scène que nous décrivons, il renouvela au moins cinq fois l'opération ,il se déchira de long en large la partie inférieure du ventre, on vit alors un large sourire illuminer sa face cloque, il paraissait illuminé.


Intello.

Narco.

Prolo.

Masturbo.

Militaro.

Et tous les autres attendaient sagement ...


SANS DATE

Seule m'importe l'écriture, invisible dissimulé derrière la page.

FEVRIER 77

E… est entrée dans ma vie


SANS DATE.

Les écrits* de ces cahiers, sont tout ce qui restera de mon rapport au temps et à l'écriture.

C'est largement assez.



*Je pourrais écrire " l' écrivance" Puisque ceux ci sont des écrits d'errance






































JOURNAL EN MIETTES

1978-1979

Un cahier gris



















Janvier 1978



Aménagement avec E… rue Rochechouard.


3 MAI


Je n'accepte pas de perdre, c'est le sens de ma souffrance actuelle; pourtant je suis déjà en train de perdre E…






9 MAI 78



J'ai refusé d'accepter cette rupture; voilà pourtant quatre mois qu'elle dure; quatre mois de souffrance!

Accepter sa réalité; c'est enfin accepter sa fin; c'est cesser de me repaître de cette violence née de ma passion pour E…




Il fallait que je brûle.



SANS DATE



Manque douloureux.

Une force me tire en bas.

Le pénis est un objet à sensations qui procure des plaisirs futiles.

L'axe principal de ma faiblesse se situe là ; dans une partie située entre l'anus et la gorge; comme un fil qui me pend en dedans; de l'anus à la gorge et qui m'aspire, m’étire, me disloque tout entier.


Je nage dans le chaos intérieur de mes profondeur.





MARDI


Passe mes journées à ne "rien faire".

Sensation de retour en arrière; comme si j'étais revenu au centre d'une crise que j'avais déjà éprouvé dans le passé.

Régression.

Difficile étant à deux doigts de l'asphyxie de dresser l'inventaire des lieux.

Je sens en moi en permanence une faiblesse extrême, qui me tient sous sa tutelle.

Je m'efforce de mettre à nu cette faiblesse Chaque année, je vais plus loin. Mais c'est affreusement long...

J'ai parfois hâte de renaître.

Dans ce voyage à l'envers; on se croît toujours trop seul.

Je traverse un désert fade et mortel... mes peurs.






"La traversée de l'atlantique par un nageur solitaire ".C'est le titre d'une pièce de théâtre que pour me soulager j'ai tenté d'écrire; sans succès naturellement.




LE JEUDI 16 JUIN


Pluie, elle rafraîchit l'atmosphère.

Suis de nouveau à la recherche d'un job.

Entre-temps , je dois m'atteler sans désemparer, à diverses activités .B.D peut-être roman peinture.

Il y a une phase dans tout travail ou la contrainte est inévitable; c'est pourquoi on ne peu pas éternellement se dérober à la contrainte .Certains disent que les génies, sont uniquement ceux qui savent le mieux l'utiliser.


Je suis à peine remis de ma plongée à l'intérieur; il m'en reste encore des séquelles; je dois apprendre à apaiser mon système nerveux.

Une partie de moi se dérobe à toute transformation.

Je suis pourtant descendu dans les sous-sols de l'inconscient pour venir la traquer.

La fièvre amoureuse blessée et sacrée ma dévorée.

Je doute trop de moi; et à certains moments pas assez.

Je suis un fou passionné des univers intérieurs comme Michaux peut-être ?-;passionné, je le suis jusqu'à la maladie; jusqu'à cette forme de rendu suprême qu'on appelle "l'aliénation".









Dire les choses essentielles en peu de mots, pour en être quitte avec le monde.



TENTATIONS


De la mer, du silence; de la campagne; des vagues; des forêts; de l'univers(des songes)de la grande philosophie de soi.


TENTATION


...de la Bretagne simplement.




SANS DATE




J'ai voulu aller jusqu'au fond du bestiaire intérieur.

J'en ai retiré quoi?

Des bribes de fracas, des ennuis!

L'errement continue.

J'acquiers toutefois le sens des directions; je l'acquiers avec lenteur , mais avec obstination.

J'erre lourd, j'erre fort, j'erre à la peine comme un enfant, persuadé que de toute façon au centre du chaos, se tient la vérité.

Certains diront ,que ce sont là des modes de comportements infantiles dont il me faut me défaire.

Je le sais; je me suis égaré !.

Hier je, me suis surpris comme on surprend un animal traqué; effrayé par les adresses de l'homme; j'étais pris dans un piège qu'une partie de moi avait dressée contre moi. J'étais par conséquent désespéré; surtout, je ne pouvais pas m'en prendre à quelqu'un d'autre .



SANS DATE



Je ne suis pas née, comme je l'espérais.







SANS DATE




Paris est un lieu assez cruel lorsqu'on vit seul.



SANS DATE




Je suis obsédé par ma survie matérielle.



SANS DATE





J'ai besoin de retrouver une paix intérieur qui m'échappe.




SANS DATE





En moi ,il y a la campagne, mais peut-être aussi la ville.

En moi ,il y a la solitude comme la femme à l'attente-




SANS DATE.




Trop de douceur est un venin!





SANS DATE




La sécurité affective et sexuelle avec la femme, la sécurité financière avec le travail; la sécurité c'est quoi?

J'ai trente ans je vis dans l'âge ingrat!.


VENDREDI 18 SEPTEMBRE 1978


CONFESSION




A une certaine époque, j'ai pu vouloir atteindre une image du père presque inaccessible; cette image je l'ai projetée dans la culture à travers des images mythiques.

Toute la faiblesse dont ma chargée E…tournait autour de ce reproche ,tu n'assumes pas assez ton pouvoir! Tu ignores le pouvoir que tu possèdes !Prends-moi ,je suis à toi me disait-elle! Chose que je n'ai jamais pu faire, la prendre!; comme si cette chose m'étais insupportable .Je pensais que cela m'obligeait à rentrer dans des rapports sadomasochistes, et je n'en voulais pas. D'ailleurs prendre ne m’intéressais pas.. C'était là mon erreur. J'aurais du la prendre; puis que c'était ce qu'elle voulait! Mais j'en étais incapable.

La jouissance que j'aurais pu tirer d'elle si j'avais assumée certains de mes penchants cachés; je l'ai seulement découvert hier soir en me masturbant avec devant moi l'image d'elle en petite fille soumise. Elle aurait aimée que je joue sciemment le rôle de son père; car elle avait envie de faire l'amour avec son père. Je lui ai refusé cette chose; c'est une erreur; car je n'étais pas son père. J'ai simplement refusé d'assumer le rôle du père qu'elle voyait en moi.

J'ai eu peur d'assumer ma virilité devant elle. Pourtant elle m'y encourageait.

On m'avait trop possédé; alors un jour j'ai intériorisé cette peur de la possession; je l'aie introvertie; je l'ai refoulée; j'ai voulu gommer cette violence qu'on m'avait fait; j'ai voulu la nier, la faire disparaître et disparaître avec elle; c'est pourquoi j'ai refusé tous rapports de domination; ce faisant je refusais d'assumer la dialectique de la liaison sadomasochiste qui forme pour partie la base de la relation charnelle des couples.

E… ma obligée à me rendre compte de cette chose; elle m'y a obligé à son corps défendant, car elle était elle même absorbée par des conflits intérieurs.


On née dans la douleur.

Dans la douleur les choses sont plus éclatantes.

Ce n'est que plus tard qu'elles deviennent plus clair.

Elles deviennent plus clair à cause de l'éclat qu'elles revêtaient dans la douleur.






DIMANCHE 20 NOVEMBRE 1978




J'ai recommencé à peindre.


J'ai besoin de tracer des empreintes sur un sol vierge.



SANS DATE



J'ai feuilleté un livre sur l'Afrique noir cet après- midi.

Prodigieuse résonance de l'art nègre.



SANS DATE



TOUJOURS E…

Je me suis détaché du nœud conflictuel qui nous liait.

Je veux dire que je peu intervenir à présent dans notre relation pour la modifier ;ce dont j'étais incapable auparavant lorsque j'étais tétanisé par l'obsession de la perdre.



SANS DATE



E… ma fait une scène cet après- midi, à propos de l'argent que je lui dois; cette scène était disproportionnée, en tout cas étrangère à nos anciens rapports. Elle semblait hors d'elle; comme prise d'assaut par la folie. Elle a rompu la première, et semblait indifférente; mais c'est elle qui semble souffrir à présent; elle ne semble pas avoir réalisé qu'entre nous les choses ne peuvent plus prendre la même signification qu'auparavant.




La semaine passée, ai produit toute une série de dessins primitifs, en retiendrai certainement quelques-uns uns pour exposer.

Je dois soigner davantage le travail tout en gardant l'improvisation, la spontanéité.




Dois voir exposition Goya après-midi.



24 MARS 1979




Il y a en moi un mouvement imperceptible de transformation qui est en train de s'effectuer.


SANS DATE

Je travail depuis peu comme modèle –dans les écoles d'art- pour l'argent.


SANS DATE

Je peins de plus en plus souvent.

Je repense au traité du NO de Zéami . Celui qui a la fleur dit-il(c'est à dire cette disposition naturelle pour le jeu) s'il ne la cultive pas; celui là verra sa fleur se faner à la première saison.


SANS DATES



J'ai des perversions; mais elles ne sont pas durables ;elles sont mesquines, et elles se dégradent.

UNE LETTRE ECRITE A UN PROFESSEUR (A publier telle qu’elle, ne pas corriger les fautes d’orthographe).




M.ST.J.D'ASTRE

23 Avenue Rochechouart PARIS LE 27 AVRIL79

Paris 75009



Monsieur P...




Vous serais t' il possible de me signer trois nouveaux procès verbaux de Maîtrise et de les communiquer à M V... les précédents m'ont été volés avec d'autres papiers importants. Je suis catastrophé à cause de cette chose.

Je vous serais vivement reconnaissant si vous pouviez me rendre ce service.

Je vous prie d'agréer tous mes respects.



ST.J.D''ASTRE



SANS DATE



Ecrire comme en une dérive; écrire le compte des jours, comme de la musique sur une ligne en pointillées; écrire les formes géographiques par ou je passe; par ou je suis passé.



VENDREDI 12 OCTOBRE 1979



En rentrant du sud ,je me suis propulsé de retour à Paris dans une haute énergie. Sautant trés vite d'un projet à l'autre, je me suis mis à accumuler les inventions dynamiques; ces inventions dynamiques m’obligeaient à percuter de face les événements quotidiens.

Je pensais qu'il me fallait agir trés vite.

Surgit tout à coup en provenance d'où je ne sais ? Une autre aptitude.

Elle était plus intérieure celle là.

Elle se mettait à freiner peu à peu l'élan de la première.

C'était comme si quelqu'un me demandais d'attendre.

Attendre quoi?

J'entendais une voix qui me disait: - " démêle s'il te plaît l'essentiel de l'élémentaire"-

C'était ce que me demandais l'autre.





SANS DATE




Je subis depuis peu, une attirance pour les masques, pour les fétiches; pour l'art - nègre.

Peut-être que mon attirance, pour tous ces feux; ces apparats, pour ces Dieux de l'illusion sacrée; va plus loin que la simple "obsession intellectuelle"; elle mène à une source; à un état de découverte, de renouveau spirituel, dont j'ignore encore l'ampleur.


J'ai besoin de me confronter à une culture totalement étrangère à la mienne.


J'ai le soucis étrange de remonter à l'origine; car je voudrais explorer le lieu tribal ou s'engendrent les cruautés les guerres, les miracles dont le cœur humain est remplit.



Pour me lancer dans cette entreprise, seul je suis trop faible; je ne suis pas assez aguerri. J'ai besoin de l'aide d'un pouvoir mystérieux pour m'aider à franchir les lieux successifs secrets qui balisent " cette contré magique". C'est pourquoi je me dis, que je dois m'entraîner à l'attente; car l'apparition du lieu, propice à l'éclosion de cette connaissance cachée sera peut-être plus long à venir que je n'imagines. D'où cet état à la fois speedé et ralenti dans lequel je me trouve. C'est comme si me trouvant à la lisière d'un nouveau monde, j’étais la proie d'un fâcheux contretemps .C'est comme si on m'avais jeté dans un espace intermédiaire ,ou je ne pourrais rien faire d'autre, que trépigner et piétiner nerveusement; fumant cigarettes sur cigarettes; aux aguets du moindre signe qui passe.



NOVEMBRE 79 LE I6




Viens de payer mon loyer, me reste cinq cent francs.

Je recherche un nouveau job.

J'ai le sentiment que quelque part on m'attends; sentiment irrationnel, mais la raison n'est pas toujours maîtresse du jeu.

Je suis plus calme intérieurement que les jours passés; c'est comme si lentement se dessinait en moi, une voie à prendre.





NOVEMBRE 79 LE 17



Je ne vais probablement pas aller à Nancy pour assister aux danses africaines; c'est trop de déplacement pour deux spectacles.

J'ai rendu visite hier à Chaillot expo sur les rites de la mort. L'idée ou le sentiment à prit naissance en moi, que c'était de ce côté là que je devais plonger.


Etude sur les origines théâtrales à la lumière des rites, étude aussi sur les rites originaires.



Je ressens une étrangeté en moi; c'est comme si j'avais le sentiment d'un voyage imminent.


SANS DATE






Je dois m'approcher plus prés de ce sentiment qui me pousse à explorer les origines, rites tabous instruments de pouvoir ,fétiches, totem, danses rituelles, danse de mort, danse d'amour etc...

Je dois plonger dans cette "chaleur "et dans cette chair.

Tatouages.

Je pressens que c'est là le lieu fondamental de toute initiation théâtrale; remonter aux sources.







SANS DATE


TABOUS.



Passage chez C… .nous travaillons ensemble sur les masques.

Scène de rêve vécue par C…..

Elle remet un couteau à son amant, avant son départ; ils font l'amour violemment avant de se quitter.

Il la tue pendant qu'elle a un orgasme.

C…. ma raconté cette scène, alors qu'elle s'apprête à quitter M…. son ami.

Je lui ai parlé de la possibilité de ritualiser cet événement. La ritualisation, par le biais de la théâtralisation permet une mise à distance des émotions. Nous travaillons ensemble depuis plusieurs semaines sur les masques .C… hésite, elle a peur d'aller trop loin.

Nous avons tenté de faire l'amour ensemble ; j'éprouve plus de jouissance avec C…en travaillant avec elle , que lorsque nous faisons l'amour d'une façon purement physique.

Peut-être que C…me rappelle trop ma mère *quand elle était jeune .



*Dans les photos que j'ai vu d'elle.






SANS DATE



Laisser se faire l'écriture des récits de ma vie.




POÊME


Portes solaires glissent

Et ce va et viens qui suit

Pourchasse

L'Amérique sans fin

















ECRITS

FRAGMENTS (II)






LE MANUSCRIT

QUI SUIT NON ENTIEREMENT CORRIGE







1980


VIDE D'ERRANCE

Cahier rouge et jaune à raies blanches











Samedi 6.1 1980



De retour sur Paris depuis hier soir.

Une rencontre dans le train ; cette femme que son Jules attendait à la gare.

J'ai emporté avec moi une radio, lègue des parents. (la radio du père).

Je supporte de moins en moins l'odeur de pauvreté qui rôde dans ma chambre.


Juste avant mon départ pour Paris, je suis allé me balader sur le terrain de jeux de mes dix ans, celui qui me servit plus tard de terrain de rêveries et de méditations lorsque j'ai atteint l'âge seize ans. Là je suis resté quelques instants en contemplation devant le village qui ma vu naître ; j'étais surpris qu'il ait autant changé.





DIMANCHE 7.1.80.



Rendez-vous demain pour film.

Prévoir quelques photos de peinture pour la déco.

Me documenter sur Gréco.

Passer voir N… et B…

Pointer chômage.

Envoyer feuille ASSEDIC.

Ecrire parents. (Carte)

Ecrire proprio pour cloison.

Pour DEA fournir plans pour le 14.

Approfondir réflexion théâtrale

Peinture, série de grandes toiles à mettre en chantier

Gravure continuer la démarche.

Ecriture réassemblage d'éléments épars.

Réflexion sur les médias.

MERCREDI 9.1.80.


Suis en train de travailler sur St Antoine de Padoue(maquette peinte).

Ai vu ce soir E.. Elle est dans une passe difficile je crois. Elle se pose des problèmes sur sa survie. Elle s'est donnée encore une année, pour décider si elle avait raté sa vocation d'actrice.

Elle fonce trop tête baissée. J'aimerais l'aider ; mais je ne vois pas comment encore.

Le travail intellectuel sur le DEA ne m'emballe pas ; mais je vais tout de même l'engager.

Pour les projets de grandes toiles ; je dois faire des études préparatoires ; travailler dessus régulièrement.






SANS DATE






Comprendre l'espace primitif.




SANS DATE

Je suis repassé voit H.L… le graveur dans son atelier rue Lepic; il ma parut moins disponible que lors de notre dernière rencontre. Il ma dit qu'il ne pouvait pas assurer tous les gens qui venaient travailler chez lui. Comme c'est un créateur passionné par son travail, il ne peut pas être à la disposition de tout le monde. Je lui ai demandé de faire un dernier tirage ; celle des planches que j'ai réalisées dans les Vosges. Je veux conserver le contact avec lui ; son amitié me plaît.

J'ai du mal d'entamer l'étude sur les origines des mythes.

Ma situation matérielle me préoccupe légèrement. Combien de temps puis je rester dans cette maison ? ; trois quatre ans ou moins ?

Je dois consolider mes bases économiques dans les années qui viennent.

L'enseignement expérimental me plairait. (au niveau du théâtre).

Je pousse mes pions dans différentes directions, peinture théâtre, écriture ; aucune de ces trois activités ne me procure de source de revenu ; c'est assez déprimant.




SANS DATE


Mon obsession du temps est d'ordre économique ; je dois prendre d'autres paris dans la création.



SANS DATE


Le printemps est avancé ; hier j'ai passé l'après - midi, comme avant-hier à la bibliothèque. J'ai commencé par prendre des notes sur le sacré sauvage de (Bastide).Ma méthode est anarchique.

Je dois trouver une méthode de travail plus efficace.

Les ouvriers sont sous ma fenêtre ; ils rénovent la façade ; ils sont trés bruyant ; mais cela me change du silence habituel.

J’espère pouvoir utiliser plus tard le travail de (Bastide), pour le moment je vois mal encore comment le réinvestir.




SAMEDI 2 février 8O.




Suis allé au concert de S... hier soir; j'y ai rencontré cette fille aux longs cheveux qui tient la galerie ;elle ma proposée d'exposer dans celle ci.

Je vais prévoir cela.

J'ai passé le restant de la nuit, à regarder des films dans ce cinéma à République qui est ouvert toute la nuit.

Je suis sorti de la salle à six heure du matin.

J'ai remonté le boulevard sous une légère pluie ; il faisait encore nuit.

J'étais un peu surpris de découvrir Paris qui s'éveille.

Il y avait des nuées de balayeurs habillés en vert ; pour la plupart des immigrés ; les marchands de primeurs déballaient déjà leur marchandise ; les noctambules rentraient chez eux ; des filles maquillées comme dans les magazines se heurtaient du coude rue Montmartre ; Rue St Denis les travestis couraient sur les trottoirs.

Je me suis fais à manger en rentrant ; puis j'ai lu cent ans de solitude.

Je me suis réveillé à quinze heure ; je sentais le printemps dehors.

Je me suis levé, j'ai joué avec la chatte.

J'ai pris une collation, puis - je suis allé m'acheter des allumettes un peu plus haut à Pigalle.

En marchant sur les boulevards, j'étais étonné de voir les grandes queues (de gens de couleur ) devant les cinoches ou l'on passe des films de karaté, et des westerns spaghettis.

En revenant de Pigalle rue des martyrs, j'ai aperçu de la lumière chez E… je suis monté.



S… ( le nouvel amant de E…) était là, je lui trouve l'air pâle et fragile.

E… était là .

Je suis toujours étonné du caractère extrême de mes répulsions et de mes attirances vers elle ; c'est comme si une passion inexplicable me liait toujours à elle. Une passion inassouvie semblable à une drogue forte ou à un piment que j'avais été habitué à prendre à une certaine époque d'une façon régulière.

Dans mon sang il y a toujours ce manque.

J'ai pu observer chez E…à certains états de son visage, ce qui l'anime intérieurement.

La persistance de ma passion pour elle m'agace ; je voudrais bien mettre en relief ce qui m'attache encore à elle pour tenter de m'en guérir définitivement.

Je n'ai pas renoncé entièrement au caractère de cette passion ; elle me guette, comme l'ombre guette le soleil ; elle me guette comme une image violente, comme toute image qui fait contraste.

Elle m'attire, et plus elle m'attire plus je voudrais me défaire d'elle.

A vrai dire au fond de moi-même je déplore le caractère malheureux de cette étrange passion, trop excessive.

Je projette sur E… des images qui ne correspondent plus à aucune réalité.

J'aimerais la voir soumise alors qu'elle est avant tout révoltée.

Je voudrais exciser définitivement ma passion pour elle, car quand elle me revient parfois par le revers comme aujourd'hui ; elle m'est trop douloureuse.

Je dois anéantir cette passion une fois pour toute.






LUNDI 4 FEVRIER.



Dans cette chambre ou je vis en repli ; j'ai comme le sentiment qu'en moi des voies se sont fermées ; d'autres doivent s'ouvrir.

J'aspire à une liberté totale ; à une liberté qui libère de toutes les choses déjà apprises.

Je poursuis une route mélancolique et sensuelle ou rien ne me heurte assez.

SANS DATE




Faire un saut quelque part.

Voyager en dehors de tout.

Me reprendre après m'être perdu.









LE 7 FEVRIER.80




J'ai besoin de reprendre un train d'écriture qui soit un vrai train d'écriture ; pas une vague posture comme celle que j'ai laissé s'établir ici depuis quelques temps. L'écriture que j'ai laissé survenir ici est trop complaisante.

La lecture de l'homme sans qualité n'est peut-être pas étrangère à ce revirement.

Le désir d'écrire d'une façon plus intérieure non plus.

J'ai dans la tête cette image, une maison dans le sud, un lieu pour écrire d'une façon paisible qui revient me hanter.







JEUDI 20 MARS 80.





Neige ce matin sur Paris.

Me suis levé à midi.

Mes réveils se font mal, j'oscille entre le noir et le gris.


J'ai rencontré hier soir un jeune allemand à la sortie du métro, il bruinait, il semblait me demander la direction de la porte d'Italie ; comme il était une heure passé ? Je l'ai invité à dormir chez moi ;il aurait attendu un métro qui n'existait plus à cette heure. Il est parti ce matin alors que je dormais encore. Il partait pour StTrop. Drôle de trip !

P.. part pour la Bretagne cet après midi.

Je déménage la deuxième partie de mes affaires ce soir, j'aménage dans un nouvel appart. Vive les voyages!


Je plaisante ; mais quelque part je demeure insatisfait de mes espaces.

Quelque part je me perds.

Une image de ma vie résiste à ma conception du bonheur.









SANS DATE






Je ne peu créer que dans une liberté totale ; et au moment ou je trouve cette liberté matérielle de créer, je me défends de m'y abandonner.

Je suis un beau crétin.



















PARIS 1er (4 ème étage gauche)

RUE SAUVAL




Le 25MARS 1980.

Mardi soir.

J'ai presque terminé d'aménager dans mon nouvel appartement. Une trés grande pièce blanche avec une salle d'eau et une cuisine ; deux fenêtres et beaucoup de lumière ; l'appartement est situé au cœur de Paris. C'est la première fois que je dispose d'un lieu si grand.

Les locataires de l'immeuble sont soit des travailleurs étrangers ; soit des personnes à la retraite ; des gens terre à terre.

Je dois rendre les clés de l'ancien appartement (de la rue Rochechouart ) demain.

Un pan nouveau de ma vie est en train de s'ouvrir.

Je suis seul, j'ai la nostalgie des femmes.

Je compte remonter dans les Vosges pour dix jours aux environ du 5.

J'ai gardé la chatte avec moi, (c'est l'arrangement que j'ai fais avec E ..) J'ai parfois l'impression qu'elle s'ennuie ; mais c'est une impression, je parle de la chatte naturellement, pas de E.. E… ne s'ennuie pas, elle est avec S… un aventurier fils de bonne famille.

M… est venu me voir hier; il était dans tous ses états; le lieu qu'il occupe le rend fou ma t'il dit; il cherche à en partir; me voir ici doit accentuer son désir de partir de son havre sous les toits qui lui

est devenu insupportable.













MERCREDI




J'ai placé mon bleuet au centre de la pièce vide et blanche ; de l'eau bout à l'intérieur d'une casserole.

L'eau je l'ai fais bouillir à cause qu'ici l'air est trop sec ; à cause du chauffage électrique que j'y ai installé.

Le camping gaz au centre de la pièce produit sur moi une étrange sensation ; j'ai l'impression de bivouaquer, j'ai l'impression d'être en voyage.

J'ai l'impression d'être ailleurs.

J'aime cette sensation obscurément.





Le décor ici est assez frustre comparé à d'autres lieux que j'ai pu occuper.

L'espace ici semble en attente de quelque chose d'indiscernable ; c'est peut-être la nudité des murs qui joue ce rôle.

Je dois le dire ; je suis en attente d'une vie à venir.

L'espace nu des murs (lui aussi ) semble attendre.

Il attend probablement (que le jour vertical se lève).

C'est pourquoi ma pensée aussi est dans l'attente.

C'est pourquoi ce lieu aussi est dans l'attente.

Nous attendons tous que le jour vertical se lève.

Et qu'il nous fasse nous lever.

Tous.

Hors de nous.




Ce miroir peut-être est inutile je n'aurais pas du l'amener.

Ces deux panneaux posés contre le mur à quoi vont 'ils vraiment servir ?

Cette chambre est nue comme paraît l'être une femme frivole.

Sait-elle ?

Lui a t’ont dit déjà ?

Qu' - elle va servir d’entremetteuse au petit peintre ?

Sait-elle ?

Qu'elle va servir de lieu de méditation et de supplice pour celui qui réclame ici même à corps et à cri le vil statut d'écrivain et de bonimenteur ?

Sa nudité de femme promise annonce t’elle des plaisirs (salaces ou sucrés) ?

Des plaintes (subtiles au détour) ?

Des joies (qui seront toutes subites et éphémères) ?

Des souffrances (probables et presque inutiles) ?

Ou bien n'est elle faite que de rumeurs ?

Annonce t’elle des jours nouveaux cette douce femme solitaire allongée sur ma couche ?


Ma tête gît sur ses genoux.

Ma tête est lourde.

Le décor est léger.

Le décor est frivole.

Ma tête est lourde elle me tombe.






SANS DATE




M'exercer à petites doses à travailler, car j'ai reculé depuis longtemps le principe d'une activité.

Cette fuite dans les désirs et les angoisses du repli ; cet abandon à des errances à ses revers.

Je vais chercher à me déployer.






UNE PAGE DE COMPTES.





JEUDI 27



J'ai peut-être le cœur trop sec, cela se sent à certains endroits ; certains moments de dépression proviennent de là.

Je ne caresse plus que des rêves.

Je frôle du dur et du rêche.

Ce journal ne montre

Ce journal ne sert

Qu'à refléter des moments d'absence ?

Je n'ai rien à dire dans ce journal, rien à convier.

M... ma dit que j'étais cynique.

Cela ma fait mal, je ne croyais pas l'être.

Je me durci , par peur d'aimer trop.

Je ne sais pas bien danser.

Il me manque. Toujours un manque.






SANS DATE



C'est une sorte d'étranger qui écrit ces lignes.

Pour écrire comme lui il faut quelque part accepter comme lui, l'ablation de son moi de sa réalité de son corps ; car parfois il lui arrive d'être inaccessible à lui-même.



Une écriture sensible devrait couler le long de ces pages, et y fonder des ruisseaux ; des lignes miroitantes et faire éclore des bulles de lumière sur ces pages ; mais on peu rarement prévoir une telle écriture.

Celle que je traverse, je ne l'aime pas ; non je ne l'aime pas réellement. Elle me rappelle un peu dans sa façon de se dire ; ces papiers collés (légèrement froissés)de Perros. , quelque chose qui frise à tout moment la tragédie, cela ne me plaît pas .Cela ne me plaît pas de n'être qu'un simple papier qu'on froisse.

C'est que je dois trouver d'autres sujets de préoccupation que moi.

Mon intérieur devient sec à force d'être rabâcher.

J'ai trop dit comme cela.

Inutile de recommencer.






SANS DATE



Lecture d'une biographie de Klaus Volker sur Brecht.


L'itinéraire de Brecht me rappelle à des valeurs perdues.

Brecht peut m'aider néanmoins, car il me ravit à cet état de ravissement surfait ou s'ennuie ma nature.

Le sens critique m'est nécessaire, il est chez moi comme une partie essentielle de ma nature.

Je dois sortir des armes plus brillantes de mes placards.





SANS DATE





Musique religieuse, cantique à la radio. Soleil.

Je fume une blonde.

J'ai passé une partie de la matinée et de l'après - midi à piétiner sur cette étude qui est une contrainte de travail que j'exerce sur ma sensibilité.

Je procède uniquement par petites touches, découvrant de temps en temps un vague intérêt dans ce jeu désolant ou tombe mon écriture.

Je me reproche de manquer de résolution(le mot sonne faux)de manquer de tempérament (le mot sonne plus juste), face à cette somme de travail qu'il faut livrer pour arriver à produire un résultat un minimum satisfaisant. En réalité je suis assez mal armé, pour affronter ce genre d'épreuve ; je me suis répété cela souvent ; je manque de discipline et de formation. Tout travail d'ailleurs qui n'est pas un tant soit peu empreint de plaisir me rend grincheux. Elève médiocre, je ne dois surtout pas chercher à rivaliser avec les penseurs, ils me sont étrangers. Je suis encore et toujours l'autodidacte mal dégrossi.



DIMANCHE 30.



Mal aux dents, c'est paradoxal, car elles sont arrachées. Je prends Glifanan sur Glifanan pour calmer la douleur.

J'ai décidé de partir dans les Vosges pour une semaine. Je vais prendre le train de 6H45 mardi matin. J'ai encore une séance chez le dentiste demain à 15H3O.Plutôt ce sera fini, meilleur ce sera. Je me serai fais arracher sept dents dans la semaine.

J'ai étalé du linge dans ma pièce, elle a prit des airs de buanderie.

Mon ami M... doit passer en mon absence pour donner à manger à la chatte.

Ma voisine est venue ce matin me montrer une photo de ses enfants et petits enfants ; c'est une dame d'un certain âge, plus de la soixantaine ; elle porte de grosses lunettes, elle aime beaucoup parler ; elle a pris une photo de la chatte, et ma fait visiter son appartement qui n'est pas si mal ; il me fait penser, à l'intérieur de ces vieilles fermes montagnardes à cause sans doute de la disposition des lieux ; de l'aspect des murs blanchis et de l'atmosphère rustique qui s'en dégage.

Je lis actuellement plusieurs livres à la fois. Une biographie de Brecht, un livre d'Artaud - Messages Révolutionnaires - un livre sur la violence et le sacré ; le nouveau désordre amoureux ; une autre pile de livre m'attend. Un saint Ignace de Loyola, et une étude sur Einstein font partie de mes lectures intermittentes.

Hier soir je suis allé au vernissage (rue de la Villette) un peintre américain exposait ses toiles. Ses toiles sont volontairement agressives ; des jeunes hommes aux gros sexes apparents s'offrent en spectacle dans un décor aux teintes grises et passés ; tout cela me fait penser au groupe Bazooka et à Andy Warhol. Il y a là de l’intérêt, et un côté spectaculaire qui n'est pas sans m'attirer, à cause peut-être de la provocation suscitée par les toiles.

Je compte me mettre à l'ouvrage moi-même ; j'ai récupéré un grand châssis de bois recouvert de carton, de 1,50X2m.

J'ai des projets qui sommeillent ; sortes de clair-obscur obscènes (scènes contemporaines)traitées de la façon classique, avec toutefois l'idée d'une défiguration de la couleur et des formes, qui doit se préciser.

Si mon étude sur Artaud -Brecht me laisse le temps, je commencerai à me mettre à l'ouvrage en rentrant des Vosges.

Ce soir je suis invité, à pendre la crémaillère chez M…….




LE 2.4.8O


J'ai réintégré le paysage de toujours, celui de mon enfance ; je n'éprouve aucune joie particulière à me promener dans les rues de mon village, principalement lorsqu'il pleut. Je vois peu de gens ici ; ceux que je vois me semblent trop semblables à ceux que j'ai toujours connus. La tâche même que j’accomplis à travers cette étude théâtrale me semble absurde ; et en tout cas déplacée.

(j'ai plutôt besoin de donner à la scène du sang et des pleurs.)

Chercher à méthodiser le chaos à travers une étude universitaire plutôt que se livrer à ses penchants véritables est une absurdité.

Je suis en tout point aujourd'hui objet d'errance.


SANS DATE



Ce que je lis de Brecht m'irrite au plus haut point ; car je découvre chez lui la marque d'une intelligence sociale que je ne possède pas ; et que j'ai rêvé quelque part de posséder; Brecht était en outre un merveilleux joueur de poker, il savait placer ses coups là où il fallait, et quand il fallait ; était-il vraiment aussi cynique qu'on le dit dans ses rapports avec les femmes ?



Quelque chose me déplaît foncièrement dans ma façon de conduire ma vie ; je dois l'avouer, je suis affligé quelque part d'une dose formidable de naïveté ; je crois les événements les plus courants soumis à une sorte de destinée magique ; contre laquelle je n'ai pas de prise. Ce qui m'ennuie dans ce constat ; c'est la perte de mon sens critique, assez rigoureux il n'y a pas si longtemps et qui a disparu sous l'effet d'une sorte d'abandon total et irréfléchi aux circonstances.

Je manque d'agressivité, et cela en un sens m'est fatal.





JEUDI 10.4.80



Je suis de retour à Paris depuis hier soir. Seule la chatte semblait m'attendre.




SAMEDI 12.



Soleil, me lève vers 13H.

J'ai fais la java hier soir, je suis sorti en boite avec M……

L… est passé vers 1OH légèrement abattu, il m'emmerde un peu avec sa complaisance à s'abandonner à ses flipps. Il a souvent besoin d'être remis en place. Toujours ses mêmes obsessions sur la création, bref il est parfois insupportable.

Quand je regarde ma façon de vivre, elle me semble parfois trés paradoxale, un peu étrange, parfois désabusée ou outrée ; je vis quelque part en dehors du temps. Cette impression n'est pas nouvelle. Elle resurgit fréquemment.

Je suis en manque d'amour, je le savais depuis un certain temps, mais cela se confirme de plus en plus ; pourtant rien ne surgit à l'horizon depuis ma rupture avec E…

J'ai aussi envie de baiser, mais c'est une autre histoire.

Je suis comme un poisson dans un bocal de luxe qui dispose de tout son temps et de tous ses esprits, et qui demeure pourtant instable, infréquentable quelque part.





DIMANCHE SOIR IL DIT :




J'aimerais tuer la tendance au confort qui m'habite.

Mais que fait-il ?

Il devise tranquillement la pipe à la bouche devant sa fenêtre.

Cette peau, cette protection qui l'entoure, il l'aime sans doute plus qu'il n'y paraît.






SANS DATE


LE BROUILLON D'UN RECIT



LE VOYAGEUR PERDU



Il était arrivé à son but. Son but était cette gare désertée. Il la contemplait désabusé.

Cette gare désertée était remplie d'une foule silencieuse invisible, il se sentait lasse, il se demandait en définitive quel avait été le but de son voyage.

Il lui semblait qu'il avait perdu le sens de l'orientation sinon pourquoi aurait - il échoué ici. ? C'est à peine s'il se souvenait :

Il s'était il y a peu de temps contenté de suivre un train ; ce train avait pris un peu de retard, ce n'était pas sa faute, il traînait en chemin. Ce train devait le conduire quelque part ; il ne savait trop où à présent ; sans doute dans une ville imaginaire car il aimait beaucoup les villes.

Lorsqu'il s'était réveillé le matin, il avait aperçut à travers les vitres du train une ville étrange parfaitement anonyme, une ville ou les monuments et les gens se confondaient dans son imagination avec des images immobiles. Cette ville imaginaire était pourtant bien réelle (dans son esprit il ne savait plus ou se tenait le vrai du faux) il se disait que cette ville était celle qu'on avait choisit pour lui, pour qu'il y fasse son nid ; il ne vit pas tout de suite, qu'elle était enfouie sous un tas exceptionnel de choses inutiles et stériles.

Ces choses inutiles et stériles pouvaient la rendre attrayantes les premiers temps pour les hommes qui la visitaient en quête de trouvailles originales ; mais passé ce mouvement, il apparaissait trés vite à ces hommes que ces trouvailles ne valaient pas grand chose. Lui pourtant était persuadé du contraire; c'était pourquoi il était resté si longtemps dans cette ville.




Le plus difficile ensuite avait consister à s'échapper de cette ville mirage, de ce lieu si banal ou il avait (il venait de s'en apercevoir après coup) passé plusieurs années de sa vie ; il venait juste de réaliser qu'il faisait partie de ces hommes qui s'étaient trompés sur les pouvoirs de cette ville. Cette ville l'avait trompé, elle n'était pas si admirable. Il avait décidé d'en partir.




___________________________




Il était parti de cette ville, mais elle le retenait encore en otage. Il était prisonnier d'elle ou plutôt son imagination l'avait rendu prisonnier d'elle. Il lui avait trop consentit sans s'en apercevoir. Cette ville l'avait enchaîné, elle était devenue pour lui une ville mythique. Et bien qu'il fut seul dans cette gare désertée, son imagination parcourait encore les ruelles irréelles fantasmé de celle cité mythique ; il était toujours prisonnier de cette ville.


Pour s'extraire de celle ci (en esprit) il s'était fixé un but, il s'était donné d'écrire sur celle ci un mémoire ; Il pensait que c'était seulement après qu'il ait écrit ce mémoire qu'il pourrait en partir. Il s'imaginait qu'il serait libre de ses mouvements seulement après qu'il ait écrit ce mémoire ; car il s'était mis dans la tête qu'il devait se procurer un passeport pour franchir la frontière qui séparait cette ville imaginaire du monde réel. C'est pourquoi, il s'était mis à écrire. Il pensait qu'en écrivant il retrouverait contact avec le monde réel. Il écrivait sur une petite table de mica, derrière la vitre épaisse et transparente du train. Il écrivait, il écrivait, cela faisait des jours entiers qu'il écrivait.

C'était peut-être peine perdue... c'était peut-être peine perdue ; car déjà il ne savait plus ou il était.

Il était sans doute arrivé, à son but.

Le but de son voyage était cette gare déserte.





SANS DATE





Difficulté à travailler, tous mes travaux avancent avec lenteur.

J'ai un problème de concentration.

J'aimerais réamorcer une production en peinture ; mais c'est lent à démarrer.

Une sorte de glissement s'est opéré dans mes états intérieurs.

Je dois passer un cran au-dessus.





LUNDI



Paris.

Soleil bruit de ville.

Je prends des notes à la dérobée.

Mal d'espace.

Je pense à E…… qui est partie pour BALI.

Il me semble que je perds mon temps ici.

Hier j'ai revu S… il ma déçu, il est mangé par la froideur, il est mangé par son travail; il se raccroche à son travail sans plus (S… est un fabuleux danseur qui ne danse plus; quelque part il est comme mort ).

Beaubourg hier soir, j'ai aperçu le visage d'une fille qui resplendissait, elle chantait seule dans la pénombre.

En rentrant, j'ai arraché violemment le collier qui pendait à mon cou depuis plusieurs années, geste incompréhensible ; j'avais envie de dévorer tout l'espace.

Jeu stupide d'un jeune chien qui s'ennuie ou prémisse d'une guerre intérieure ?




SANS DATE




Je viens de lire quelques articles sur la mort de Sartre.

J'éprouvais beaucoup d'affection pour lui , même s'il était aussi loin que possible de mon univers. Quelque chose va manquer à notre époque ; car une partie de sa conscience rebelle vient de mourir.






SANS DATE


ECRIRE.



Aujourd'hui, ma situation matérielle est bonne, mais c'est ma situation psychique qui est douloureuse.

Une sorte d'abandon caractérise mes états présents.

Je me violente trop fréquemment.

Sartre dit qu'écrire ne change rien au monde ; mais qu'une planche de salut peut s'offrir à celui qui écrit ; ne serais ce qu'en ceci " L'écriture le vide de ses abcès ".


Voici ce que je réponds :


Rien de ce que j'écris ne me satisfait. Rien de ce que j'écris ne me représente en totalité.

Je suis un non-sens d'écriture.




J'ai cherché éternellement à tirer satisfaction de mes écrits sans jamais y parvenir ; c'est que ma jouissance dans l'écriture n’a jamais pu s'affirmer réellement ; c'est à dire qu'elle n'a jamais pu s'affranchir de l'idée que je m'étais faite un jour de l'écriture ; une idée presque mythique, inactuelle, intemporelle.




Je n'ai pas fais un cheminement dans la conscience par l'écriture comme Sartre la fait. L'écriture m'est venue comme un objet paradoxal, que j'utilise pour m'éblouir, pour me mystifier et pour m'assujettir ; car je suis aveugle à moi-même. L'écriture rajoute à mon trouble plus qu'elle ne m'apaise. Pourtant c'est vrai écrire apaise temporairement mon mal d'être, sinon, je n'écrirais pas d'une façon aussi régulière.

D'ailleurs parler d'écriture dans mon cas est une affirmation osée.

Je n'écris pas, je N'écris.( négation d'écrire).

SANS DATE




Je suis physiquement mal dans ma peau, je ne trouve pas de stabilité dans mon espace.

J'aurais besoin d'un exutoire.

L'écriture pourrait être cet exutoire ; je m'efforce parfois quelle le soit ; mais je n'y parviens pas.

J'ai la sensation cruelle de me répéter à chaque page que j'écris.

Tout ce que j'entreprends au niveau de l'écriture se brise.

Ne subsiste que ces vulgaires notes qui me servent d'exutoire.

Je suis penché sur l'écriture d'un roman qui ne parvient pas à s'écrire, car il est trop proche de ma vie.

Ainsi, il ne s'écrit pas.

Ce roman s'appelle NUIT AUX PÔLES ; voilà la définition que j'en donnais il y a quelques temps :


" Ce roman est déduit du rapport incessant que j'établis à l'écriture. L'écriture serait le centre pulsionnel et attractif du roman ; ce roman n'en serait pas vraiment un au sens traditionnel, car il ressemblerait plus à un corps d'écriture qu'à un roman. Ce serait un corps de révolte, de jouissances et de passion. L'objet du roman serait l'écriture elle-même."


J'ai plusieurs fois tenté d'écrire ce roman, sans jamais y arriver.




SANS DATE


L'ECRITURE




Redeviendra pour moi, ce qu'elle aurait toujours du demeurer, une compagne privilégié ; le jour ou la pénétrant comme un homme pénètre un femme, j'en ferai une maîtresse résolue à m'aimer.

Ce jour là ; devenant pour moi une véritable compagne d'amour, elle reconstituera le véritable centre de ma mémoire celui qui passe par mes profonds désirs pour elle. Ce jour là, je serai libre d'être moi-même et de l'aimer sans réserve.




SAMEDI 17 MAI 80


Mal de gorge, j'ai du choper la crève les jours derniers, en me baladant chemise ouverte par plein vent.

J'ai rencontré A.. à Beaubourg cet après midi, agréable surprise; il a beaucoup changé dans l'aspect physique, mais aussi à l'intérieur de lui. Nous sommes allé prendre un pot ; il ma parlé de son voyage en Asie et en Inde. Il ma mit l'eau à la bouche avec ses aventures, il respire l'odeur des voyages ; il m'a donné envie de voyager.

Je suis enfermé depuis trop longtemps dans cette ville (Paris.)Je dois en sortir quelques années ; le mieux serait d'accélérer l'étude, et de voyager une ou deux années d'affilé. Revenir vers trente trois trente six ans, ce sera bien assez tôt pour ce que j'ai à faire.


26 MAI 8O.



UNE REVELATION :


Mon imaginaire personnel dévoile de plus en plus le mystère naturel des signes occultes qui sont présents dans la réalité, mais que nos yeux ne peuvent voir à l'ordinaire. Disons pour dire simplement qu'il existe un autre état de conscience qui interprète différemment la réalité. J'en ai fais l'expérience hier .

J'ai assisté dans un état second à des Danses sacrées au Châtelet ; c'était des danses pratiquées dans les temples en Inde, elles datent au moins du VI ème siècle de notre ère. Il est vrai que j'avais fumé une herbe, dont j'ignore la provenance ; j'étais avec mon ami J…. le poète vénézuélien.

Les figures que les danseuses dessinaient dans l'espace me parlèrent d'une façon si intense que j'en fût immédiatement bouleversé ; en réalité (j'avais l'étrange la sensation qu'elles ne s'adressaient qu'à moi seul ) . Je sais reconnaître l'absurdité d'une telle affirmation puisqu'il y avait au moins trois cent personnes dans l'hémicycle du théâtre ; mais en regard de la normalité certaines affirmation paraîtront toujours bancales.

Je me dois d'être clair, si toutefois aujourd'hui j'y arrive. Ces figures me parlaient d'une façon réellement exceptionnelle. Elle me parlait de moi, du moi qui est en moi et de celui qui le double (pour dire comme Artaud ) Ce moi était lui même et un autre. Il était à la fois humain et supérieurement humain, c'est à dire divin. Mais ceci n'est pas encore suffisant pour rendre compte de ce qui s'est produit à ce moment là entre moi et les danseurs sur la scène ; je voyais ceux ci comme une succession divine d'intelligences, qui tentaient de m'expliquer car je les interrogeais les principes de fonctionnement de l'univers, et ils me les expliquaient. Ils m'expliquaient la constitution réelle du monde, et ils me montraient la forme de l'intelligence sacrée qui se meut derrière tout ça. Les danseurs et les danseuses sur la scène possédaient la connaissance, ils m'expliquaient directement ce que j'avais toujours cherché à comprendre, sur l'origine mystérieuse de la vie. Cette vision que j'ai eue, je suis incapable de la reconstituer dans son intégralité ; j'ai l'impression à présent qu'elle m'échappe, car les mots sont impuissants à la traduire. C'était comme si ma vision du monde s'était élargie d'un seul coup ; et puis s'était refermée peu après.





SANS DATE


J’ai besoin d'un grand dépaysement. Je me suis fixé le 30 pour aller en Bretagne; la Bretagne n'est peut-être pas ce dépaysement brutal dont j'aurais besoin, mais je n'en vois pas d'autres à portée de ma main. Si j'étais assez fou, je partirais au hasard en pointant mon doigt sur la carte de l'Asie ; mais je ne suis pas assez fou pour cela ; mes voyages à moi sont toujours ou presque imaginaires.

Dans une interview Godard dit qu'à force de vivre trop longtemps seul, on finit par devenir fou. Je suis presque à même d'en fournir la démonstration surtout après l'expérience que j'ai vécue récemment au châtelet.



SANS DATE




RENCONTRE D'UNE FEMME IMAGINAIRE


Je suis l'ange et le démon, le fou qui suit la courbe des astres

Le ciel s'est couvert d'un voile de suie opalescent

Le ciel et les étoiles se logent dans mes narines

Les poètes que j'admire récitent des vers en direction des dieux

Des déesses modernes ont planté leur rouge à lèvre dans les bassins du Trocadéro

Dans un rêve, j'ai vu une femme aux cheveux roses qui sirotait une grenadine sur une place perdue

Quelque part dans Paris

Elle avait la peau jaune comme les blés

Je n'étais pas trés sur d'être à la hauteur lorsque je l'ai vu se pencher sur moi pour m'embrasser

Je l'ai fait basculer pourtant d'un seul coup de rein dans ma nuit solitaire

Elle est toujours accroché à mes basques depuis.





BRETAGNE ETE 80



Je marche dans un désert idéal, je suis assiégé par les rêves.

Je suis parti de Paris car mon âme commençait par y brûler.

J'ai du mal de trouver ma place ici en Bretagne.

Je suis chez mon ami D.. et chez K..........sa nouvelle femme (jeune), notre relation est en perpétuel déséquilibre.

J'ai amené la chatte, elle a failli m'échapper à la sortie du train ; elle était devenue comme folle.

J'habite dans leur petite maison qui est charmante.

Nous allons travailler pour un Festival.

Le stage avec le Bread-and Puppet est compromis.

Je dois sortir de mes pompes.






SANS DATE





Largeur des estuaires

Longueurs des plages

Corps dorés

Cœurs ruinés

Pâmes

Vertiges

Surtout vertiges, car nous sommes sous les pluies

En bordure des falaises

A nos pieds rampe la mer de nos fortunes



DIMANCHE 13



Temps pluvieux sur la Bretagne comme à l'accoutumé.

Nous sommes allé assister aux mystères de Morlaix hier-soir, grande fête locale ; c'était une sorte de mystère parodique qui regroupait au moins deux cent participants. La pièce était pas mal conçue. C'est quasiment un mystère imaginaire. L'idée est très bonne.

Je rêve trop.

Je découvre peu à peu la Bretagne. Une vie culturelle intense, beaucoup d'exilés parisiens, chômeurs ex-baroudeurs qui se sont retirés dans ce pays couvert de pluies. Notre trip d'animation sur le festival de la R.... J.. prend forme. Pour le moment je réémerge, je prends mon pieds dans les couleurs ; nous avons monté un atelier peinture ; des colos doivent venir dés la semaine prochaine pour l'investir.




AU PROGRAMME DU FESTIVAL




FÊTE DE L'EAU


DIMANCHE 29 JUIN un temps fort du festival.

D.. me parle d'un jeune poète qui s'appelle Yvan .Le Men rencontré récemment.

Xavier Grall le Hérault des poètes alternatifs breton a dit de lui - il a le verbe plein la gueule et le théâtre dans la peau, à lui seul il est comme une émeute au bords de mer."

Il n'y a qu'en Bretagne qu'on puisse faire une telle publicité pour les jeunes poètes !


EN JUILLET



De la musique médiévale

Danse classique

Musique contemporaine percussions (Christopher TREE)La partie la plus intéressante.

C.Tree est un américain qui improvise des musiques étranges à travers une centaines d'instruments à percussion, des tubes de laiton, des cloches de cuivre (représentant la silhouette du bouddha ) des clochettes indiennes, des cymbales de chine, des cloches birmanes.

EN AOÛT


Alberto ponce guitare classique

Poésie avec Queneau ( je l'ai raté!)

Free - jazz ( Portal )


BREAD AND PUPPET

En réalité la venue du Bread est compromise.





LUNDI. JUILLET


Je suis toujours à Plouha chez D…… et K……

J'ai retrouvé un certain équilibre mental.

Hier soir nous avons passé la soirée avec des amis dans une petite maison ; la fréquentation de gens très divers me fait du bien. Je retrouve des références " sensitives", après ma cure d'ultra solitude mystique à Paris.

Actuellement je suis rentré dans une phase picturale. J'ai eu beaucoup envie de peindre les temps derniers, mais j'en ai eu trés peu la possibilité. Cela me confirme dans la nécessité pour moi de ne pas me cloisonner, purement théâtre, purement écriture, purement peinture. Je traverse des phases impossibles à programmer d'ailleurs. Pour le moment, je dois laisser se développer au maximum cette phase pictural.

J'aimerais peindre un grand tableau intitulé" le déjeuner sur l'herbe" en rappel aux impressionnistes, c'est les couleurs devant la maison de D.. qui m'y incitent, et une certaine cambrure ;une cambrure violente du paysage.

J'ai peins une vue de la chambre ou je suis, (quand j'y suis).



















































CARNET DE PEINTURE ETE 8O









EXTRAITS DU CARNET PEINTURE ETE 8O. (Juillet)

(Carnet vert à spirales.)


NOTES ET DESSINS :

Première page.

Une page de symboles colorés.
































Seconde page.


Ici rien qu'une multitude de signes (graphiques) et de couleur.

Des lettres.

Tout cela n'est pas sans me rappeler le travail plus systématique toutefois de F.. dans ce domaine.

S'agit-il de trouver un nouveau code ? ( un code pictural universel) ou d'exprimer spontanément par une série d'associations inconscientes des états émotifs à partir d'un code prémédité.

Ou bien nous trouvons-nous simplement en présence d'un "nouveau code primitif aléatoire" né des associations poétiques, résultant de l'interaction de signes d'objets et de couleurs posés arbitrairement sur la page. Tout ça est encore assez confus, mais indique malgré tout un ordre de préoccupations, qui sont tout simplement celles qui me tournent dans la tête à présent et qui concernent l'emploi simultané, des lettres des chiffres, des symboles, et des couleurs associés en vue de produire un petit livre par exemple.

UN PETIT LIVRE QUI S'INTITULERAIT.




PORT POÊME


ET POÊME TRACTEUR

et qui se composerait comme suit.



D'un poème un peu, mais pas trop ringard

Le poème qui suit :


A toi l'insolente maîtresse de mes rêves insoumis,

Je soumets ce poème TRACTEUR

Pour que tu puisses

A l'envie

Venir étreindre

Mon cœur pionnier

Mon cœur paysan

Mon cœur cultivateur

Tel des mottes de rêves

J’écrème mes poèmes

MOT A MOT

En terre je sème

Des poèmes


Je survole les sillons

Comme si c'était des vagues

Les océans éternels

de la création

Je les tourne et retourne

A la pointe de ma houe


Je fertilise les étendues de la PURE POESIE PLASTIQUE

Sur mon POÊME TRACTEUR

A est ROUGE

O est NOIR

I est VERT

U est JAUNE

et toutes les lettres de l'alphabet ont une couleur

Rien de nouveau

Je sème

Des RIMES

Sur mon POÊME TRACTEUR


De mon port imaginaire

Je vois se dresser

L'océan

Impétueux

Je vois scintiller

les vagues que fait

La poésie moderne

Quand elle est prise d'assaut

Par mon tracteur

Ce n'est rien

Rien de bien extraordinaire

Ne vous effrayer pas citoyens, citoyennes !

C'est moi qui sème

Je sème

Tel que

Cendrar

Appollinaire

Rimbaud

Et

Maillaikoski

Me l'enseignèrent

Je sème dru

Je sème ferme

Je sème

Les toutes petites graines DE LA POESIE MODERNE !



ST.J.D'ASTRE août 80.


Et d'une composition plastique musicale avec lignes cercles carrés et triangles de couleur rouge jaune vert bleu noir et orange sur fond blanc. Les lettres du poème étant elles même colorées. Cette composition formerait un petit livre qui lorsqu'il est déplié, formerait une fresque de dimension réduite.

Comme suit :

DISPOSITIF TYPOGRAPHIQUE :





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PORT-POÊME

ET POÊME TRACTEUR Collages dessins signes lettres sous forme d'un dépliant


avec des ronds des Carrés et des triangles de culeur




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DISPOSITIF de couleurs de formes et de lignes :















SUITE




Juillet. Bretagne.


AUTRES ESQUISSES POUR M'AMUSER


Un dessin au feutre et au crayon de couleur.

(Avec une note écrite sur une page blanche juste en face.)


"Isoler des figures pour arriver à une signification qui parle à la vue et aux sens."



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UN AUTRE DESSIN. (toujours au crayon de couleur et au feutre)


Avec une note sur une page blanche juste en face.



"Ce qui me paraît intéressant, c'est de savoir à partir de quand la matière peut provoquer un état correspondant à une sensation précise."


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Sur une page isolée




POURQUOI RECHERCHER TOUJOURS UN SENS ?


Est ce l'objet du travail ?






Il s'agit ici simplement d'une ébauche de travail sur la matière, et sur les sensations quelle est à même de provoquer.







Notes:


SIGNES:

Quelque part, il faudrait pouvoir décomposer d'une façon systématique les signes, les couleurs, les formes ; utiliser toutes les combinaisons possibles en variation.

Pour que les signes ainsi mis à jour parlent à toute sorte de public, et non pas seulement à un public d'initiés, que faudrait-il ?

S'agit-il seulement de créer un nouveau code ?

Ou de suggérer des états émotifs

Il s'agit de recréer par transposition, un nouveau langage, portant avec lui de nouvelles significations.

Puis-je le faire sans passer par une vison du monde liée à mes propres désirs ?

Ce langage peut-il être simplement pure abstraction ?

Pour qu'il parle à tous à quoi doit-il être relié ?








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MARDI 29.JUILLET

Temps froid et grisâtre sur la Bretagne. D… et K.. n'arrêtent pas de se disputer; il est toujours difficile dans un couple de décider de l'un ou de l'autre qui des deux à le plus tord. D.. n'est pas facile à vivre, il se laisse souvent aveugler par son idéalisme, K…… est aussi idéaliste; mais elle est aussi plus terre à terre; toutefois elle se laisse avoir par le côté affectif , car elle est plus fragile en apparence de ce côté. Je retrouve ici les mêmes antagonisme de couple que partout ailleurs sous des formes différentes à première vue ; mais au final les luttes passionnelles sont souvent les mêmes.



P.. LE 9 AOÛT.



Je suis toujours en Bretagne ; D...... et K.. vont à un mariage cet après midi, je vais en profiter pour rester seul.

Depuis plusieurs semaines, nous avons pris l'habitude de fonctionner à trois. Notre périple sur le festival en est à son milieu. Après le cycle avec les ateliers d'enfants, une certaine saturation est apparue. Heureusement le travail de collage d'affiches que nous effectuons D.. et moi nous procure un certain dépaysement. J'admire mon ami, c'est un brasseur d'énergies.

Le prochain point d’intérêt à venir, c'est le BREAD AND PUPPET.

J'ai du mal de prendre des notes d'une façon régulière ; personne d'ailleurs ne m'oblige à le faire ; à part cette hantise de la chronique qui m'est toute personnelle.

Il se révèle qu'en réalité, j'ai peu de chose à dire ; et bien peu de choses à noter ; cela dure depuis pas mal d'années. Ces notes n'ont peut-être qu'un seul usage ; elles constituent des jalons ; j'ai toujours eu la certitude que j'écrirais un jour un roman(le roman de ma vie)comme je manque de recul et de distance par rapport aux événements vécus, je me contente de ces notes prises à la hâte en espérant qu'un jour elles puissent me servir.

Je manque trop de recul et de distance pour écrire vraiment comme un chroniqueur.

A partir de quel moment serais-je vraiment en situation d'écrire pleinement ? On ne peu pas passer toute sa vie à mettre sa vie en événement par le biais de notes presque illisibles.

Je ne suis pas mûr pour écrire comme je l'entends ; mon art de vivre n'est pas encore au point ; j'ai trop de ratés, je suis trop chaotique, trop brouillon, trop anxieux, trop convaincu d'être un artiste.

Je voyage trop dans les rêves, pas assez dans la réalité.

Je n'ai pas encore appris à accepter ma spontanéité créatrice, comme un don venant de la nature ; je suis encore pris dans un tourment intérieur que j'ai du mal à m'expliquer.





SAMEDI 16 AOÛT



Toujours la Bretagne. Bientôt le stage du Bread.

Les événements courent et accourent.

Je demeure insatisfait de ma vie présente. Les actions que je mène me laissent sur ma faim.

Je dois rejoindre la peinture d'ici peu.




SANS DATE



Arrivée du Bread and Puppet dimanche vers 16H.

L e rythme des événements se précipite depuis l'arrivée de la troupe.

Me suis branché avec une fille aux yeux bleus transparents au visage volontaire G.. c'est une ex parisienne qui a rejoins la compagnie de P.S…… Il y a aussi d'autres rencontres intéressantes M… et N.....et une multitude d'autres personnes avec qui les branchements sont plus fugitifs.

P.S…… nous a expliqué le programme des jours qui suivent. Répétition de la scène du pain demain (sans les marionnettes ; elles ne sont pas arrivées).

P.. et le reste de la troupe décident( après le repas) d'aller visiter les calvaires. P.. garde son calme et sa bonhomie devant les événements; Il me fait penser à un lutin espiègle, très malin. Il tente d'apaiser les ardeurs des stagiaires. Il nous a expliqué la méthode pour confectionner les masques.

J'ai décidé de visiter les calvaires avec la troupe ; nous avons visité deux endroits, une chapelle bretonne du XIVème siècle, avec une cloche curieusement penchée, et à l'intérieur des fresques d'une beauté saisissante ; même si la mythologie chrétienne qui sert de toile de fond paraît un peu usée. Nous avons visité une autre chapelle située en bordure de mer, avec toujours des fresques remarquables(des ex-voto).





SANS DATE




Je suis un fils de la femme, élevé initié par elle, je dois assumer cette part de complicité (celle là qui fût délibérément entretenue par ma mère) ; je dois aussi assumer la part de l'homme, sa part de responsabilité, celle que j'ai du aller chercher moi-même, car mon père ne m'avait pas initié à sa conquête.

J'ai trop tendance à me laisser aller au plaisir et à la jouissance, c'est là une part non négligeable de ma faiblesse.



SANS DATE





- L'homme ne peut être libre que s'il reconnaît la forme objective de ses passions.-

J'ai écris ça dans un moment de lucidité ou de démence ?





LE 9 NOVEMBRE 80


Je ne sais plus quand j'ai pris ces notes plus haut ; il y a peut-être de ça une semaine ou plus. Dans le cours sinueux de mes démarches, je manque de plus en plus de points de repère.







NOTES DE L'AUTEUR PRISENT A LA SUITE DU MANUSCRIT ( LORS DE SA FRAPPE en l'an 2000).

SUITE


Quelques notes tirées d'un cahier vert.

Notes sur un projet. Création d'une base expérimentale de l'acteur. Octobre 8O.

Notes sur des actions rituelles.

Notes sans dates

Puis notes de novembre 8O.

RECONSTITUTION CHRONOLOGIQUE

Je dois tenter de restituer des événements d'époque.

TRANSAT début 81.

2:J'ai retrouvé le passage Sur la vision au châtelet de la DANSE SACREE. Elle apparaît dans des notes datées de mai 8O. (en réalité je suspecte cette séance d'avoir eut lieu en MAI 81,car toute la période dramatique qui a suivit s'est située dans la foulée, les cours de Bharata, Malavica, le mantra etc. d'autre part, ces notes sont prises sur un cahier semblable au journal daté de mai 8I)

Aurélie et Balzac ou les placer ?

Instants et destin ?

Je dois supprimer beaucoup de choses inutiles.

Je me demande d'ailleurs quel est réellement l'intérêt du travail que je m'obstine à mettre à jour, car il ne reste de celui que j'étais hier qu'une pellicule incertaine.


ST.J.D'ASTRE NOTE S NON DATEES(Sans doute prisent lors de la frappe du manuscrit en 2000)





ELEMENTS

(notes sur le théâtre)

1980

(UN CAHIER VERT)



Quelques notes en guise de préface



Shanghai.

Vendredi 5 janvier 2001.


Au départ je n'avais pas l'intention de montrer ces textes qui semblent présenter assez peu d'intérêt par rapport à l'ensemble des écrits de la même période ( les années 80 )car ce sont pour l'essentiel de simples notes prises en vue de concrétiser des projets de théâtre) .Pourtant du point vue du mémorialiste ( je suis mon propre mémorialiste ) toute sorte d'écrit à son importance; les écrits pourvus qu'ils soient des écrits, ont une même valeur, qu'ils soit écrits littéraires, qu'ils appartiennent au journal, ou qu'ils soient de simples notes prises, comme ici ( en vue de projets) ces écrits possèdent tous une égale importance; c'est pourquoi le transcripteur que je suis devenu aujourd'hui, doit se résigner ( malgré lui)à les incorporer à la suite des autres écrits car ils font partie ( que je le veuille ou non) de la matière intellectuelle qui appartenait à mon univers de cette époque( le début des années 80). Il ne s'agit pas pour moi d'étaler, ou de compiler jusqu'à l'extrême( et de livrer en vrac )tout ce qui s'est écrit ( de ma main ). Je dis cela malgré que la tentation me soit venue durant une période de céder à ce caprice Compulsionnel et de me livrer à la reconstitution minutieuse de tous ces écritures qui se sont accumulées dans mes cartons au cours des années passées( entreprise qui observée sous cet angle pourrait faire penser à celle d'un malade ou à celle d'un maniaque obsédé par la restitution minutieuse du passé, même si ce dernier s'avère en mains endroits totalement illisible).En réalité même dans ce genre d'entreprise (obsessionnelle) il faut savoir se raisonner et effectuer un tri; par exemple, beaucoup des écritures ( datant des années 80) ne sont que de simples brouillons ou des notes prisent pour l'étude que je devais effectuer sur Brecht Artaud ( étude qui n'a jamais vu le jour) les restituer dans leur totalité confinerait à la démence, en montrer quelques aperçu par contre peu avoir son intérêt . D'autre part, à un autre niveau concernant ces divers écrits, et plus spécialement dans le cas des éléments d'écriture se rapportant au théâtre, il y a eu des éléments jouant en contresens de ceux que j'ai noté plus haut ( ma propension à vouloir tout montrer) il y a si l'on veut chez moi une sorte d'autocensure qui s'est produite concernant ces écrits, et plus spécialement celle concernant les écrits (ou les brouillons) se rapportant à mes tentatives théâtrales. Cette autocensure se rapporte à deux périodes de ma vie; la première correspond à ma décision de monter sur Paris ( à l'âge de vingt quatre ans) à ce moment, je décide de suspendre ma vie ( secrète de dramaturge ) je n'arrêtais pas depuis l'âge de dix huit ans de concevoir des pièces de théâtre ( deux ou trois seulement furent écrites en entier).La deuxième période se situe quelques années avant la naissance du peintre ( dans le courant des années 80) lorsque j'ai décidé d'abandonner totalement et définitivement tous projets liés au théâtre. On me dira en haussant les épaules ( et on aura raison) que ma vie de dramaturge ne devait pas être si importante que cela. En 1980 j'avais trente deux ans, je vivais à Paris depuis environ huit ans, et durant ces huit années, je n'avais rien ou quasiment rien écrit au niveau théâtrale, tout ce que j'avais fais, c'était passer quelques années de mon temps à m'initier aux techniques de l'acteur , par le biais des études théâtrales que j'effectuais alors à la fac de Paris VIII. Tout ce qui me restait de mon ancienne passion de dramaturge ( était resté dans des cartons, dans la maison de mon village natal) et depuis que j'étais à Paris je n'avais quasiment écrit aucune pièce de théâtre. Pourtant c'est vrai, le théâtre demeurait toujours ( au début de l'année 80)une de mes préoccupation majeure; j'avais presque renoncé toutefois à écrire des pièces de théâtres ( selon l'ancienne formule, et j'aspirais à crée une espèce de nouveau théâtre inspiré du théâtre de rue, un théâtre ou l'écriture dramaturgique soit directement liée au statut de l'acteur.).Les ELEMENTS ( c'est leur titre) dont je livre ici la transcription ,les éléments font (strictement) partie de mes dernières obsessions concernant le théâtre, je ne crois pas que mes cartons me livreront d'autres ( écrits) de ce type; c'est pourquoi ils possèdent un intérêt à leur manière; ils conservent l'empreinte des dernières formes d'obsession théâtrales qui furent les miennes à cette époque, ce faisant ils complète l'espèce d'autoportrait que livre presque à leur corps défendant les différents écrits datant de cette période. C'est sans doute pourquoi, le mémorialiste maniaque ( caché derrière mon dos) ne pouvait que se réjouir d'un élément ( si infime soit il) qui ajoute une touche supplémentaire de couleur au portrait (en filigrane )que dessine ces écrits( une touche de couleur qui fait légèrement contraste) et qui nuance l'idée générale qu'on pourrait se faire de celui qui loge derrière ceux ci si ont les avaient lu sans avoir entendu parler de lui par le passé.



La maison de lumière 90CTOBRE 2001



Je dois préciser qu'une grande partie des écrits théâtraux ont été détruits ( une pleine caisse que j’avais récupérée ) lors de mon départ de la base alternative des bords de seine . Tout ce qui reste qui a rapport aux notes sur le théâtre, appartient à ce que j'ai bien voulu sauver ( dans un dernier sursaut ) de cette activité que j'avais décidé d'anéantir, après quelle m'ait si violemment passionnée,et si violemment fait souffrir .



















NOTES DRAMATURGIQUE

(Année 1980)

EN DIX FRAGMENTS et TROIS PLANCHES



fragments écrits d’une vie ancienne

Avant propos:

Ces notes Dramaturgiques ont été rédigées aux environs de 1980, elles reflètent une partie des problématiques théâtrale qui m‘animait alors. Depuis le théâtre m'a fuit, je l'ai abandonné. La vie que j'ai saisi sur le vif, dans ces notes est un instantané des préoccupations dramaturgies qui m'absorbaient . A l’époque, j'avais quasiment cessé d'écrire des pièces de théâtre, mais je n'avais pas renoncé à mes chimères théâtrales. Après les notes de maîtrise les notes dramaturgies décrivent l’univers intellectuel intérieur dans lequel je baignais Cette autopsie de ma vie réalisée à travers « ces quelques visions anciennes » donne une suite si l’on veut à cet espèce de roman intellectuel que je voulais montrer aussi à travers ces écrits , car je voulais aussi faire corps avec les obsessions intellectuelles de mon passé , et pas seulement montrer ma vie amoureuse mes errances ou mes caprices.

J'ai éliminé des parties inutiles et concentré une partie des notes sur un nombre limité de pages, pour montrer d'une façon synthétique sans doute plus rapide la manière que j'avais de penser le théâtre à cette époque.

Il faut prendre ce cahier avant tout pour ce qu'il est , c’est un document archéologique sur ma vie ancienne. Je le redécouvre moi même avec des yeux neufs après vingt années d’oubli, et d’absence. Je suis moi même étonné d’y lire tant de choses écrites de ma main, il me semble vraiment qu’un autre que moi était à l’ouvrage.



PRELIMINAIRES




Problèmes dramaturgiques:

Daté de 1980


Je me propose ici de rendre sensible une partie des problèmes qui me préoccupent en théâtre. Je ne vais pas procéder d'une façon continue, mais par à coups. Le nombre des problèmes qui demeurent suspens est très important dans le cadre de ma démarche actuelle, pour que je puisse sur chacun d'eux apporter une lumière suffisante, qui me permette de donner une vision cohérente de ces problématiques. C'est justement le but de ce cahier de m'aider à y remédier.


J'aimerais réunir ici au fur et à mesure de mes possibilités, les problèmes essentiels que j'ai rencontré dans le cadre de mon travail d'écriture théâtrale, et réunir eux qui ne manqueront pas de surgir au fur et à mesure du prolongement de mes réflexions actuelles sur la question.

Je n'ai pas tenté jusqu'à ce jour de codifier ( d'une façon globale) les aspects saillants des problématiques que j'ai rencontré; par exemple dans cette évolution réalisée à partir d 'une pièce comme A...P ..*et toutes celles qui ont suivies, même si beaucoup étaient inabouties.

Car date de là "approximativement" mon obsession " des effets" et la tentative de fournir une réponse cohérente à des problèmes de scène "concrets".

Je vais tenter d'y revenir par à coup, sans toutefois vouloir forcer la dose, car ce qui m'importe à présent, c'est d'épurer mes réflexions pour arriver à la clarté.

J'aimerais demeurer simple, le plus simple possible, de façon à ne pas perdre contact avec cette clarté d'esprit qui m’est si nécessaire pour m’éveiller à moi même et pour communiquer avec mes semblables.






FRAGMENT I



Sans doute qu'un des vices fondamental de ma démarche "antérieure" aura été cette conscience malheureuse liée à la production artistique.

La première pièce sérieuse à laquelle je me suis affronté me semble être " le journal 'un fou en campagne". Dans cette pièce, l'obsession des rôles tient une place importante sans doute y a t'il ( en tout cas dans la deuxième version) les prémices d'une réflexion d'ordre purement théâtral - réflexion sur l'instrument de scène-).

Cette pièce peut être intéressante au niveau du récit; c'est à dire qu'elle met en scène une multitude de personnages ( caricaturaux ) d'époque. Mais c'est une pièce ou l'action par exemple est représentée de façon très classique, mais ou pointe déjà cette conscience que le rapport de scène est aliéné totalement par le jeu forcé de l'apparence auquel la situation sociale oblige l'individu.

Cette pièce n'était que la transposition de mon propre trouble sur la scène ; mon identification avec le fou était claire ( il symbolisait la conscience du jeu et son absurdité; son problème éternel était l'inadéquation de sa réalité, à la réalité présente, d'où sa distance ironique, son intellectualité mordante, il refusait de s'identifier, à la loi des rôles en vigueur sur la scène.)

Le problème de l'identité, parfois malheureux, jouait un grand rôle ; c'était aussi une pièce lourde. Le rapport au public y était assez bonne enfant.

Ce qui me gêne à présent dans cette pièce, c'est son aspect monolithique, et puis surtout sa problématique d'ordre théâtrale qui ne correspond plus réellement à mes préoccupations. Il y avait du héros malheureux dans le fou; et c'est la place de ce héros qui me semble avoir changé. Cette pièce était close sur elle même, comme une construction mécanique qui se voulait reflet et caricature du monde social ( dans lequel vivait le fou).caractéristique de l'enfermement d'un monde sur lui même avec sa hiérarchie sociale, ses symboles ses valeurs.

A la limite elle me semble grossière à présent cette pièce, car elle transposait grossièrement une réalité sociale. Elle découlait d'une vision du monde ou prédominait l'enfermement. Pourtant elle était importante, car il y avait en elle l'amorce d'une critique de la valeur , mais cette valeur se reconstituait dans le signe théâtral, sous forme d'un jeu théâtral ou la valeur devenait archétype, cliché caricature.

Cette pièce était donc trop construite, trop fermée, presque totalitaire, comme le jeu social lui même.

D'un point de vue dramaturgique pourtant, elle portait des signes intéressants. Je n'ai pas l'intention d'en produire une analyse détaillée; j'ai l'impression que ce travail serait plutôt stérile. Peut être même me sera t'il possible de réutiliser le canevas de cette pièce ou son contenu, pour produire autre chose.

Quelque part, je peu avoir la frustration d'avoir écrit une pièce non jouable ( une multitude de pièces non jouables) parce que situées trop à l'arrière plan de certaines problématiques actuelles, mais aussi parce que mon écriture était trop instantanée, et sans doute trop peu lisible - y revenir dix ans après me semble un vice - dont je dois éloigner de moi la tentation. C'est plutôt ( par contraste) - et c'est peut être là que j'aimerais en venir- c'est à un nouveau type de dramaturgie qu'il faudrait accéder; à un type de dramaturgie dégagé des obsessions du voyeur.

Ce que j'entends par voyeur, c'est la place occupée par le réalisateur ( par l'auteur) par rapport au droit qu'il s'arroge sur le public de produire une vision de l'événement qui découle trop de sa propre obsession.

On pourrait concevoir un type de dramaturgie ( presque formel) ou la codification des signes obéisse à un type de construction formel c'est à dire qui ne renvoi pas toujours au spectateur mais qui utilise volontairement la convention comme support. La convention se serait plus précisément l'architecture de scène utilisée comme une plate-forme ayant sa cohérence

propre.






FRAGMENT II







Le décollage rétinien qui est aussi un décollage d'identité ( celui par exemple qui enferme et dans lequel se débat le fou en campagne) ce décollage là était pourtant nécessaire du point de vue de " l'idéalisation". Je veux dire par là que c'était nécessaire au fou de provoquer cette distance de scène en jouant sur l'extrême apparence pour faire apparaître les mécanismes d'identification à la valeur qui s'attachaient à un certain type dramaturgique ( et de dramatisation). Le problème était dans cette pièce que cette irréalisation était d'ordre tragique ( il y avait irréalisation, c'est à dire un glissement permanent de l'identité du héros, le héros ne parvenait pas à s'identifier aux valeurs; la valeur étant celle qui était donné à lire dans chaque segment de représentation, c'était une valeur régnante symbolique sur lequel le fou glissait sans parvenir à s'y accrocher, il était bouffonnement, mais aussi tragiquement en dehors de tout.)

D'ailleurs en y repensant, je me dis que c'était peut être ce qui pouvait donner à cette pièce sa valeur, si elle devait être reprise. Je crois qu'il faudrait lui conserver ses attributs fétichiques, en les faisant ressortir encore plus. Car ce qui m'apparaît à présent dans cette pièce, c'est moins le récit ou la forme du récit que ses aspects rituels - le rituel de scène se démasquait ( lourdement) avec ses attributs -.

Les attributs fétichiques étaient partie prenante avec l'histoire , ils s'alignaient sur une morale ( de la valeur) et c'est cette symbolisation extrême de la valeur qu'il serait intéressant de faire ressortir ( en réduisant l'action dramaturgique classique, ou en la rééquilibrant).

Car l'appareillage fétichique de scène avait son intérêt ; les costumes, les objets, étaient des médiations rituelles .Elles étaient médiations d'un rapport social qui prenait autant d'importance que le jeu , le déplacement des acteurs. C'est même cet appareillage qui rendait la pièce (grossière).

L'insatisfaction qui est demeurée la mienne au vue de cette pièce (en plus qu'elle soit inachevée ) porte sur la valeur de l'effet.

L'effet produit était trop lourd ( dans tous les sens du terme, trop d'acteurs trop d'espaces enchevêtrés, trop de longueur- c'est sans doute pourquoi je me suis essoufflé et suis tombé à l'arrêt -).

A vrai dire lorsque j'ai écris cette pièce, je n'avais pas encore la conscience de l'effet à produire, ou de l'effet produit. Le fou s'identifiait toujours à la scène théâtrale, qui demeurait ( pour moi) encore sacré.. Le dramaturge n'utilisait pas encore la scène comme un vecteur déréalisant ,sa tentation profonde de démystifier la réalité s'arrêtait encore à la seule transgression symbolique, par le biais de la transfiguration scénique; il baignait toujours dans les rapports de scène traditionnels, tous à base d'illusion.







FRAGMENT III




Quelque part j'ai toujours lié le théâtre à toutes mes convictions présentes. Je sens quelque part que le moment est revenu de renouer avec l'échange, avec le jeu des possibilités, avec le sens des décryptages; comprendre le théâtre "comme une vérité sortie du ventre d'un songe" ne peu me satisfaire qu'à moitié. J'ai besoin de renouer avec l'usage interne de la contradiction en la plongeant dans le cénacle des ferveurs rituelles.

Cela peut paraître une régression, mais c'est une régression que je tiens pour nécessaire à mon assainissement du moins à ma volonté d'en finir avec les performances et les clichés.

Démystifier ma nature ou la nature d'un monde qui me détourne des exigences intimes "de communion et de ferveur qui m'animent".

Discours paradoxale, comme ma nature , comme si le théâtre ici pouvait m'en révéler les espace déchirés.


Ainsi:

Je ne peu plus poser le théâtre uniquement comme un plaisir qu'on ravit à la morale, même si cette vie d'esprit comporte certaines tentations par delà mes délires.

Ainsi

Je pressens qu'il est nécessaire d'arriver à fixer les tentations obscures qui me ravisent à ma nature, (qui me la voile) .

Ainsi

Je dois poser mes contradictions et mes douleurs dans l'exercice d'un chant qui les ritualisent.



Car oui certes je l'avoues !


Je suis trop craintif du côté des éclats.







FRAGMENT IV




Une réflexion sur la théorie de l'effet et sur la théorie de la valeur ( sur le sens).


D'une façon générale la théorie de la valeur à partie prenante avec la théorie des effets; elle est forcément incluse dans cette perspective ou l'effet sert la valeur.

Cela ne veut pas dire d'une façon systématique que l'effet engendré se fait toujours dans une perspective de valeur ( au sens étroit) l'effet engendré peut servir des valeurs plus fondamentales. Je pense au théâtre de tradition par exemple ou la codification des signes étant formelle, la valeur à réaliser se sert du signe comme média, pour faire passer non plus la valeur en tant que t'elle qui est contenue dans le signe; mais celle placée au delà du signe. Dans cette image que donne Artaud de la représentation de la nuit - Un oiseau sur une branche ferme l'œil, puis un second - Ici le signe abolit la valeur immédiate de l'image pour la réaliser dans l'émotion ( dans le sens) autrement dit, le signe déréalise la valeur de l'objet ( la nuit) pour la montrer dans son essence. C'est alors que l'effet véritable s'accomplit. L'effet véritable transcende la valeur immédiatement perceptible de l'image pour l'accomplir "dans un signe singulier qui transcende l'apparence". L'effet véritable est hautement poétique, il procède par un effet de transposition.

A ce niveau le problème de la nature de l'effet qui s'accomplit passe pour secondaire ( tellement il apparaît presque invisible).A ce niveau le théâtre ne discours plus sur la réalité ( bien qu'il puisse) l'action engendrée produit un caractère magique et merveilleux, "il donne

vie à la vie"







FRAGMENT V



Accomplir quelque part une révolution scénique qui bouleverse les règles de la conduite théâtrale et qui élabore d'autres fondements de l'art du théâtre. Ceci naturellement ne peu pas se disputer dans un travail d'ordre purement théorique ou conceptuel. C'est dans (illisible)..dans l'invention propre à la réalisation dramaturgique, que doivent prendre forme les conditions d'une telle révolution. Ces conditions sont préexistantes d'ailleurs dans toutes les tentatives contemporaines, mais c'est leur dispersion qui les empêchent de se réaliser manifestement.

C'est aussi la place qu'occupe actuellement le théâtre (dans la vie sociale )qui est un frein à sa résurgence comme "lieu d'éclat" et comme lieu simultané de recomposition de la vie sociale.

Le théâtre est cantonné aux pourtours d'une vie culturelle saturée d'elle même. Les réalités qu'il produit deviennent par conséquent limitrophe, et ne peuvent décrire que des réalités en peine, peine de leurs éclats perdus , peines de leurs peines à se manifester - au cœur d'un peuple mythique- devenu morcelé ou carrément absent.

Ce qui ne nous donne que peu le choix. Le théâtre dans son choix n'a plus comme possibilité que se penser "lui même" dans ses limites, pour se réaliser à travers celles ci. D'où sa grande désillusion.

Mais malgré tout ne serait il pas possible de penser le théâtre autrement? De le voir prendre en main, les grands mythes et les grandes forces du présent, et de les faire éclater un peu partout, en dehors des scènes limitrophes qui l'ont si bien aidées à mourir dans le confort et les habitudes d'un spectacle pensé en fonction d'un publique " sans âme et sans passion", comme si le publique n'avait jamais été porté à croire aux illuminations de sa propre histoire et aux puissances mystérieuses qui l'habitent quand soudain elles lui sont révélées.

Je suis en attente de la brèche ou vont s'engouffrer ses énergies dramaturgiques nouvelles.




NOTE:


Le spectateur toujours en attente de sa propre mort, éprouve à travers le théâtre le supplice de cette mise en scène; et cette mise en scène est d'ordre conceptuelle, elle dérive d'une lutte que se sont livrés dès l'origine de la tragédie ( les principes de raison contre les principes de plaisir) les partisans d'un ordre unique et centralisateur de l'existence et les forces spontanées qui légitimaient la nature du plaisir. Ainsi le départ de la tragédie antique Grecque est la première forme révélée d'un affrontement brutal entre une perception du monde dionysiaque et la tentative Apollinienne d'en dominer le sens.

Cette opposition est sans doute au demeurant encore bien trop simpliste, mais tout le théâtre repose sur une dose permanente d'ambiguïté, lorsqu'il s'agit de représenter "les réalités vécues". Ainsi nous devrions considérer plutôt la cruauté au théâtre comme étant avant tout chose une cruauté d'ordre social, Elle donne bonne conscience à celui qui l'observe, sans toutefois l'empêcher d'être prit en porte à faux dans la l'engrenage de la réalité.





FRAGMENT VI



La mise en condition théâtrale.




Le tragique ( de notre point de vue) proviendrait "d'une image révélée au spectateur* " par le biais du support artificiel qu'est la scène. La tragédie est surtout liée à une image qui renvoi le spectateur à l'ambiguïté permanente d'un anéantissement , comme une menace qui pèse sur lui, et qui prend en quelque sorte la forme d'une fatalité . Cette menace il la sent plus qu'il ne la voit, elle est inscrite dans la nature du dispositif théâtral ( elle est souvent invisible d'emblée ); - c'est pourquoi elle sert l'ambiguïté - c'est cette ambiguïté qui fait du spectateur un être double, confronté à l'idée qu'on lui donne ( à contempler) du spectacle et celle qu'il ressent en lui même sous forme d'un péril qu'il ne voit pas mais qu'il pressent..

Le péril au théâtre devaient rassurant lorsqu'il est montré comme une catégorie d'exception

( les héros parallèles - les monstres - etc..) qui ne touche le spectateur que par le biais d'un mécanisme de représentation particulier qui fait corps avec l'idée sociale de la normalité.

Si le péril se rapproche et qu'il affecte le spectateur , il y a trouble, c'est ce trouble qui sert l'ordre caché "de la mise en scène " théâtrale. En fait la véritable cruauté ( au théâtre comme dans la vie) n'est jamais là ou on s'imagine qu'elle va être.


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FRAGMENT VII



L’ART DE LA FUITE



AVERTISSEMENT


PROLOGUE DU CHŒUR



« Nous sommes venu ici pour vous conter l'histoire inévitable d'une destruction; ceux qui croient encore à la vie, feraient bien de s'éclipser , car les scènes qui vont suivre n'appartiennent plus à l'univers des êtres humains; il s'est glissé dans leur nature une irrémédiable confusion. »


C'est l'avertissement qu'un chœur invisible viendrait donner au public en début de scène pour lui annoncer le commencement d'un pièce qui se déroulerait sur une scène du théâtre cruel que j‘ai imaginé.

En fait c'est la première amorce d'un projet de pièce ( sorte de conte cruel) qui n'a jamais été écrit. Je l’ai placé ici pour montrer comment à chaque fois je procède pour fuir mes responsabilités d’auteur. Quelques notes posé sur le papier, une ou deux nuit ou parfois une semaine ou même un mois ou deux passé à rêver à une pièce et je l’abandonne sans crier gare. J’avais pourtant je crois commencé par inventé des scènes folles pour celle là, cette pièce avait des scènes inspirées par l’univers surnaturelle qu’on trouve dans la « vie entre les rêves » au japon.. Les êtres qui se promenaient sur la scène étaient comme des spectres, mais c’était aussi des êtres humains qui vivaient dans une partie du monde « tenue à l’écart » de la nôtre; une de ces vie qui existe à deux pas de nous, et que nous sommes incapable de voir car elle est trop cruelle. Guerre, folie asile psychiatrique, cette pièce était d’un monde trop dur…j’ai rêvé à elle et je l’ai abandonnée.


Suivent deux tentatives de textes "déstabilisateurs"( Texte I et texte II)

que je n'ai pas transcrit. ici car je n'en voyais pas trop l'intérêt.















FRAGMENT VIII


somma





NOTES SUR BRECHT GALILEE




Note:

Pour Brecht, ce que l'homme ne comprendrait pas, se retournerait contre lui, comme une fatalité.

Brecht suggère une esthétique de l'entendement qui fasse contrepoids à l'élévation mystique.

La raison humaine en laquelle le Galilée de Brecht proclame sa foi est au service d'une science résolument profane.

Quand à l'astronomie que représente Copernic selon la tradition phythagoricienne, c'est une science plus divine qu'humaine.


Note

TRAVAILLER ET SUR LA PESTE ET SUR LES MALADIES DE SCENE




FRAGMENT IX




TEXTE I



Mise au point




Quelque part, j'ai pu me laisser abuser en matière de théorie théâtrale, quand j'ai commencé par assimiler les effets du théâtre d'improvisation et que j'ai tenté d'en donner inconsciemment une représentation sur la scène quasi "idéale". (Je tiens à préciser, que tout cela s'est produit dans ma tête).

Le malaise que j'ai pu ressentir tout au long des cinq premières années de ma vie parisienne face aux théâtres parisiens, qu'ils soient de gauche ou de droite *ce malaise avait une raison. J'avais le sentiment que le public parisien qu'il soit de gauche ou de droite était profondément réactionnaire, car je le voyais toujours se complaire uniquement dans une sorte d'expectative théâtrale qui correspondait à une sorte de snobisme culturel.

Mais le public n'est pas tant en cause que les génies bons ou médiocres de l'aculturation parisienne. Génies qui se ressemblaient tous en vrac dans le corps et dans l'institution théâtrale qui sévissait dans la capitale.

La principale activité de ce théâtre d'expectative est qu'il est exclusivement d'ordre esthétique, et qu'il se réclame exclusivement d'une tradition culturelle " bien pensante", ce théâtre ne bouleverse rien, il ne transgresse pas, il projette simplement une chape de plomb intellectuelle sur le spectateur.

Ma réaction contre ce type de théâtre aseptisé est d'ordre épidermique et "manifeste". J'ai en dernier ressort le sentiment que ce qui importe en théâtre ce n'est pas tant ce qui est dit que la façon dont on le montre. Et ce qu'on nous montre aujourd'hui, c'est l'abêtissement culturel d'une époque ou des privilégies de la culture exhibent d'une façon parfaitement obscène des valeurs qui n'ont plus cours que dans leur imagination "pétrifiée". La cruauté ( la nôtre) en ce sens va nous servir à renvoyer à ce public, la part cruelle " de son émoi" celle qu'on ne lui montre pas par un principe de pudeur ou de dignité qui n'a plus de raison d'être à l'intérieur du cynisme intégral ou se déploie la notion de culture. Dans les lieux internationaux de la culture, Paris est un endroit mythique mais quoi! Si nous nous voulons reconquérir l'esprit authentique du public, c'est paradoxal sans doute, mais il nous faut partir en guerre contre toute une affectation dont il est la victime. Il nous faut le renverser dans son propre statut ce public; le maltraiter de l'intérieur, avec les moyens particuliers que nous offre la vie. Ce qui est en cause aujourd'hui, ce n'est pas tant le spectateur, que l'idée que l'homme spectateur se donne de lui même; de la satisfaction, et des besoins qu'il retire de la culture.

Nous voulons dénoncer la notion arbitraire de bons sentiments qui s'est glissée à l'intérieur de la notion de culture. La satisfaction des besoins donnés aux spectateurs , dans les temples modernes de l'art ou s'érigent les grand faiseurs de songe contemporains est une notion totalement pervertie. Le spectateur qui a renoncé à être acteur depuis bien longtemps devrait apprendre à retrouver le sens de la fête gratuite et du jeu , il devrait n'être plus le seul et simple bourgeois contemplateur de la misère du monde , mais l'homme commun du jouissement . les célébrations que nous voudrions annoncées seraient des transgression des lois de l'esthétique par le jeu, des lois de transgressions de la connaissance par une application ludique du faire et du défaire. Il faut renoncer au théâtre pour rentrer dans la vie.





, *désignation géographique naturellement arbitraire dans un univers social ou la loi des partis est entièrement recouverte pat une loi culturelle d'ensemble qui recouvre en général tout le public parisien.





Ce que je recherche en réalité à travers diverses tentatives théâtrales volontairement virulentes, c'est à remettre en cause certaines habitudes de penser et certains états d'âme. Le principe d'un bouleversement de la forme théâtrale est lié à cette remise en cause d'attitudes passives chez le spectateur de la culture. Le spectateur de la culture, est devenu l'ennemi à combattre, il est le sujet inopérant d'un rapport social fondé uniquement sur la contemplation.





Deux planches



PLANCHE I:

Vision D’une pièce à inventer




















PLANCHE II



Vision d’une scène d’un spectacle inventé


































NOTES SUR

ARTAUD

FRAGMENTS

DISPERSES








FRAGMENT I




LA CITE INTERIEURE




DRAMATURGIE DU CORPS



La modernité d 'Artaud est probablement ailleurs de celle qu'ont voulu lui confisquer les théoriciens qui n'ont vu en lui qu'un simple poète insurgé ou un dément .

Elle se tient dans un projet poétique de bouleversement de l'être qui va au delà de la simple révolte contre les valeurs contestées de l'occident, elle se dissimule presque entièrement dans un projet poétique qui a pour raison d'être essentielle de redonner à la fonction dramaturgique une dimension mythique. C'est ( avant tout) à partir de la dramaturgie qu'Artaud tente de faire exploser les concepts poétiques issus de l'ancienne tradition humaniste en vigueur en occident; le théâtre représente à ses yeux la seul force capable de faire basculer la conscience du monde que porte en lui l'homme d'occident ( qui est malade de son point de vue). La dramaturgie telle que la conçoit Artaud doit être opérationnelle d'un point de vue physique; c'est pourquoi elle s'efforce à chaque fois qu'elle le peut de déployer les armes du corps dans tous les lieux sacrés ou s'élaborent nos plus étranges façons de penser la vie ; elle est une invitation au désordre car elle veut rendre tangible l'affrontement qui sous tend nos angoisses les plus profondes qu'elle veut faire émerger afin de les éradiquer ; elle place son intervention dans le lieu tragique qui est celui de la modernité ( selon lui) une modernité vu comme un astre fou qui tourne sans retour sur lui même et d'ou l'homme a perdu toute chance de s'extraire ( à cause du mal qu'il porte en lui) la dramaturgie mise en œuvre par Artaud est chirurgicale, le théâtre à pour fonction ( et avec lui la dramaturgie) de le libérer de ce mal.. La démarche d'Artaud se situe au centre de ce qui obsède la modernité, elle traite de l'aliénation du sujet au cœur de la durée ( l'homme est prit à revers dans un temps (sans espoir ) ses points de repère sont balisés uniquement par l'espace infini.

Ce qui obsède les hommes de la modernité fin de siècle dans laquelle nous vivons, c'est le manque de communication au cœur de la durée. Dans le théâtre contemporain , c'est sans doute Pina Bausch qui exprime le mieux cette hantise; pour elle le corps de scène est à l'image d'une longue traque, ou le corps de ses danseurs acteurs, danseuses actrices est un peu la répétition spasmodique du langage poétique pressentit par Artaud.

Artaud est sans doute le premier à fonder une dramaturgie du corps dans les signes du théâtre, à dénoncer l'aliénation d'une durée ( la nôtre) fondée sur l'absence de rapports signifiants ( authentiques).Selon Artaud, c'est cette non authenticité ressentie comme non communication qui est le ( drame de la vie ) Pina Bausch a très subtilement repéré ( dans l'écart du geste produit par ses danseurs cette lente aliénation ) elle a esthétisé cette détresse en le balançant sur le corps de scène, Artaud voulait lui la faire fondre par le feu ( des exercices physiques, comme la fait concrètement Grotoowski peu après).

Artaud remet la question du théâtre au centre de l'univers , il le centre au milieu des durées , il tente de lui redonner la place qu'il avait occupé à une époque ou l'homme savait encore " être à l'écoute des astres". Que reste t'il des signes de la théâtralité une fois qu'on les a confrontés à l'univers des astres et à celui des durées? C'est la question posée par Artaud. Quel est l'univers qui déploie ses magies derrière le cadre de scène, lorsque le cadre de scène " psychologique" vient à sombrer. Question qui pourrait semblé absurde, si elle n'était soutenue par un travail de réflexion sur la nature du théâtre lui même ( le théâtre et son double répond à la question). Le corps de scène sur lequel s'exerce l'enjeu de la théâtralité ce corps de scène est il tenté par l'aventure hors des limites sécurisantes de la scène théâtrale psychologique? Osera t'il se projeter au-delà de la nature du théâtre ( comme simple instrument) pour plonger dans la connaissance qui ordonne les choses secrètes de ce monde? Ces choses sont elles si secrètes; ne peuvent elles pas être percées mises à jour, remises en fonction à l'exemple de celles rencontrées sur les scènes anciennes qui célèbrent encore avec une inégalable perfection les mythes de la genèse et de la création …comme dans le théâtre Balinais par exemple. C'est la question que pose devant nous le dramaturge du théâtre et son double.


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LES MEMOIRES IMPROVISEES (Extraits)

1972 - 1979

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Henry MILLER-



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Que se passait il dans ma vie entre 1972 et 1979? Dans la première partie des écrits j'ai tenté de revoir rétrospectivement celui que j'étais à l'époque ou j'effectuais mon service militaire, procédant par bonds successifs j'ai tenté de remonter dans les années avant soixante huit, jusqu'à l'année mille neuf cent soixante trois, à ma rentré dans la vie active, quand je venais juste de rentrer "à la boîte". Autant ma période adolescente ( celle avant l'armée) me paraît héroïque, ( par certains côtés) autant (par certains côtés) ma vie après l'armée m'apparaît plus libre plus folle et plus désenchantée par endroits. Désenchantée peut être seulement à cause que j'ai commencé par goûter à certains plaisirs que je m'étais interdit auparavant; et qu'à certains plaisirs succèdent certaines désillusions . Mais à cette époque je commençais aussi par m'émanciper du passé; je commençais peut être par lire Henry Miller, j'écrivais toujours des pièces d'inspiration marxiste, mais j'avais sans doute cessé d'être marxiste dans ma tête; il ne manquait plus que le traité de savoir vivre et la bible des situs ( leur gros livre gris) pour me désaler ; je commençais par effectuer une mutation , je devenais moins raide, l'hédonisme de Miller et l'encanaillement de William Burroug me plaisait en réalité bien plus et davantage encore que la vie austère de Brecht que j'avais pris pour modèle à une certaine période, j'étais de plus partagé entre des désirs d'utopie ( mes rêves d'écriture) et mes désirs de poursuivre une carrière dramaturgie quasi fantasmatique , car si j'écrivais intensément durant cette période, c'était ( quand même et de plus en plus) sous des formes qui s'apparentaient pour parties à celles qui étaient déjà en vogue à l'époque, mais je restais enfermé dans une pratique de la dramaturgique plutôt shyzophrénique. D'autre part, je commençais par glisser, et par toucher véritablement aux fruits défendus ; à la boisson que je m'étais interdit de consommer auparavant (j'en ai consommé juste assez pour m'en dégouter) aux drogues ( je voulais les goûter) aux femmes ( j'en avais envie depuis longtemps s'en oser me l'avouer ). C'est que Mai soixante huit avait passé, et avait laissé des traces. Le monde que je connaissais n'était plus pareil, avant et après ma sortie de l'armée ( qui avait coïncidé avec les événements ). J'étais toujours un prolétaire, doublé d'un dramaturge (fictif ) mais j'étais aussi devenu en plus un espèce d'utopiste post soixante-huitard , à la foi beatnik et hippie et de plus en plus pro situ vers la fin, car mon côté dialecticien reprenait le dessus. Je croyais de plus en plus à l'autogestion généralisé, mais j'en doutais en même temps de plus en plus; j'étais en réalité pour l'avènement d'une cité des plaisirs. Pourtant en rentrant de l'armée, au lieu de courir à l'aventure, j'avais finalement réintégrer mon village natal, j'étais revenu dans la vallée, faute de savoir ce que je pouvais faire de mieux ailleurs! En rentrant, j'avais simplement changé de boîte, je travaillais à présent en trois huit, et j'avais l'honneur d'intégrer une usine plus moderne ou les métiers à tisser étaient encore plus rapides.

Ce que je livre ici des mémoires de cette période paraîtra presque extravagant, si on se livre après la lecture de ces récits présents à ceux que j'écrivais alors en me confiant à mon journal intime à l'époque ou ces événements se passaient (Journaux en miettes 72-79). Si j'ai décidé d'intégrer à ces mémoires, ces documents ( les journaux) c'est qu'à vrai dire, je n'avais pas le choix, certes j'aurais pu les passer sous silence, et reconstruire ma vie telle que je l'imaginais à cette époque en me la racontant depuis là ou je suis ( aujourd'hui) le 30 octobre 2001 ( c'est à dire trente ans après) j'aurais pu la raconter telle que je l'ai racontée dans l'opuscule précédent, en me fiant uniquement à mes impressions et à ma mémoire ( assez déficiente) cela aurait donné certainement un résultat plus poétique et peut être plus littéraire que ce qui va se produire à travers la juxtaposition des formes d'écrits que j'abandonne ici à la dévotion ou à la vindicte du lecteur. En procédant ainsi, en ouvrant mes "cahiers secrets" c'est jusqu'à l'idée que je me faisait de moi même que j'abandonne; je l'abandonne pour en livrer une autre qui est peut être moins conforme à la réalité imaginaire de ma vie telle que je l'avais rêvée; mais elle touche en contrepartie à une forme de lecture qui est aussi intéressante que l'autre, car elle a plus avoir avec le vrai.

Ainsi comme les esthéticiens chinois qui préfèrent se passer du concept de beauté au profit de l'authenticité ; j'ai fais le choix de tout montrer de moi dans ces écrits aussi bien les choses vrais que les choses fausses aussi bien les choses belles que les choses moins belles, je pourrais ajouter aussi bien les ratures que les réussites. On ne pourra donc pas faire de moi un portait ni tout blanc ni tout noir après avoir lu ces écrits, car ni tout blanc , ni tout noir je ne suis, je suis tout mélangé et en beaucoup d 'endroits totalement dissemblable à l'idée que j'ai de moi.


La réalité m'impose de diviser en deux ces récits,( dans les mémoires) car ils se rapportent à deux périodes assez tranchées ( les journaux eux gomment presque cette division). La première période se tient à ma sortie de l'armée en mille neuf cent soixante neuf, elle va jusqu'en mille neuf cent soixante quatorze, c'est à dire jusqu'au moment ou je suis monté sur Paris. La seconde période va de mille neuf cent soixante quatorze, à mille neuf cent soixante dix neuf. Pourquoi mille neuf cent soixante dix neuf? D'une part parce que les écrits en miettes ( les journaux) bifurquent à cette date; d'autre part parce que, ma vie sur Paris en était à un tournant. J'arrivais sur mes trente ans ( trente est un ) âge fatidique et symbolique si l'on veut, je savais que je devais reprendre ma vie en main pour lui impulser de nouvelles perspectives, si je ne voulais pas qu'elle soit entièrement ratée. Jusqu'à présent toutes les tentatives artistiques que j'avais entrepris, avaient échouées; toutes celles que j'avais mené en direction du théâtre, et toutes celles que j'avais tenté en direction de l'écriture.

Je n'étais pas un homme désespéré, mais je n'en était pas loin; la liaison que j'avais développé avec E…..était en train de se terminer sur une crise et une séparation; j'avais d'autre part l'opportunité de changer d'appartement car, celui que j'avais occupé avec E……était mis en vente, et on me proposait un autre espace dans le centre de Paname. Dans cet autre espace se développera ( mais après une crise profonde) ma mutation, c'est dans cet espace que j'ai continué ma mue ( celle que j'avais commencé rue Rochechouart) ma mue , c'est à dire ma transformation de dramaturge ( raté ) en peintre. Dans les récits qui suivront ceux des années mille neuf cent quatre vingt on verra comment le peintre à gagné du terrain, et on verra ce qu'il est advenu de ma vie durant ces années illuminées toutes entière par les joies et les durs combats que j'ai du mener au côté du peintre ( mais n'anticipons pas, cela ce sera pour plus tard dans l'opuscule N°3 des écrits).



































ST.J.D'ASTRE


PAYSAGES INTIMES ET PARADES

UN CAHIER BLEU RETROUVE APRES COUP

Ancien cahier de musique






Ci dessus une des pages manuscrite du cahier.









CAHIER DE L'ANNEE 77

UNE PAGE COLOREE AVEC DES POEMES





Délires verts

Au soir pas et suites

Se chevauchaient

C'était dans le grand numéro

DANS CELUI QUI FAIT TILT


ET QU'ON TIRE UNE FOIS L'AN


A l'heure des mouchards




C'était BIEN AINSI


QUE COMMENCAIT


CETTE HISTOIRE LA



SUR UNE PAGE DONT CERTAINES PARTIES SERAIENT ENCORE LISIBLES MAIS DONT CERTAINES AUTRES COMMENCERAIENT DEJA PAR S'EFFACER



PARADE I

(fiction)


Dans cette nuit courte, me revient ce roman " NUIT AUX PÖLES" sans grand émois.

Lieu sans fin, point d'arrivée et point de départ (d'une vie probable, plus qu'incertaine) au sein de laquelle de multiples ECRITURES se chevauchent,

Projet SANS FIN

Ou sans SUITE

Il me revient en rêve ce Grand livre inconnu

J'ai entrevu dans ses espaces

DIVERS POINTS D'IMPULSION

TOUS JAILLIS

DE LANGAGES NOUVEAUX ENTREMELES


J'ai aperçu


LES RECITS


Et j'ai observé


LES ETRANGES MODALITES DE CONCEPTION D'UNE ŒUVRE TOUTE ENFOUIE ENCORE DANS LE SECRET DE CERTAINES CITES (POETIQUES) ENTIEREMENT INVISIBLES A MA SEULE VUE PRESENTE


Suit ici une phrase aux trois quart illisible.

e que 'e vois aujourd'hui e ma triste écrture e désespère et ne 'incite pas à faire le plongeon dans le grand or de l'ecrture libré de toutes ataches






PARADE II

(Fiction)


SUITE


Un texte presque effacée





Plus une note:

Il est assez singulier pour ma part que j'éprouve toujours cependant à la lecture de la plupart des offices patentés de la littérature, même des meilleurs, comme un arrière fond de dégoût; ce qui est écrit m'ennuie profondément, pas assez cependant pour me briser en toute envie d'écrire, je rêve encore de ce livre invisible et sans fin qu'écrirait un cyclope dans un monde de lutins.




PARADE III

(Fiction)



UN PASSAGE D'ECRITURE ILLISIBLE






J'avais l'envie de Dieu qui me passait par les yeux aussi bien le jour que la nuit et les versants monotones du livret magistral quotidien aux harmonies liées et menottées celui qui donnait tout son sens au monde me passait par dessus bords; j'étais toujours horriblement tiré à écouter s'entraîner les cantiques les plus vicieux et capricieux du règlement de compte édité au jour le jour par le grand créateur, je l'étais jusqu'à cet instant ou lasse de me perdre, je décidai d'orchestrer moi même la musique des cantiques et celle des sonates entendus..







PARADE VI

(Fiction)








UN AUTRE PASSAGE D'ECRITURE ILLISIBLE PAR ENDROITS




Je n'ai pas l'impression d'avancer, ceci dit …( passage illisible)………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………et surtout pas moi même. Ce cahier s'il continue ainsi sera celui de la désolation. J'écris sur le rien dans le néant n'ayant rien à dire d'autre que mon sentiment propre, celui "de mon importance en tout". Mais en même temps malgré son implacable présence, ce sentiment ne suffit pas, il est là disposé en moi comme un mode de résignation qui m'ennuie, il est comme une vieille nostalgie qui s'épuise; c'est pourquoi j'ai beau tenter de jouir de certaines heures, de certaines formes de récitations sur la vie, le nombre des jouissances que j'ai en moi déborde toujours un peu sur ce sentiment là d'une langueur d'attente à créer; car je ne profite pas insolemment, si insolemment de " mon rien faire" je suis encore fixé à d'autres attentes, je suis sur l'attente d'inspiration, je suis l'écrivain du vague, et probablement que je n'ai rien à dire; c'est plus désarmant que tout le reste, car on ne peu tout d'même pas se fixer ainsi perpétuellement dans ses langueurs contenteuses, cela ne suffit pas, non cela ne suffit pas.

Je…………………………………………………………………………………………………………………….(passage illisible)……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….mais cela dure encore pourtant, de même mon écriture si elle se fait si petite comme pour se cacher n'y a t'il pas là comme une conscience mauvaise qui m'échappe?








PARADE V

(Fiction)




SUITE





NOUVEAUX FRAGMENTS D'ECRITURE A PEINE LISIBLES


NOUVELLE PARADE ET CATACOMBES

(Suite de textes a moitié effacés … à continuer pour ceux qui voudront bien en prendre le temps)

I

En quelque sorte l'angle du récit, l'angle, je veux dire la façon dont il s'achemine dont il se pose ou s'explique …tout est vain…Dans l'espace à vouloir un état d'âme recherché, on tombe dans le piège du " limité" parce que la découverte se fait incessamment dans le cour du récit, de n'importe quel récit. Que tu écrives ceci ou cela quelle importance…si tu t'en tiens exclusivement aux mots à la canule estropiée du récit ou de ce qui le provoque.. tout restera vain…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….


II

Je pourrais lester quelques notes, pour tenter de faire le point, par exemple pour me stimuler sur le fonctionnement de la poésie, et à ma mesure tenter de cerner la part de "mésentente" qui règne entre moi et certains alibis cultureux ou certains angles " d'envisagement" de la fonction poétique , de celle là particulièrement " celle liée à l'écriture" mais que restera t'il………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………


III


Ma grosse disette intérieure à du mal à se mesurer avec son extrême faux semblant, à cause de cet "inconsciemment" qui m'affecte et qui se refuse à percer "son propre jour ,qui est sa propre nuit" ce que j'appele plus élégamment "l'étendue de mes propres craintes". A cause certainement de cet "inconsciemment "qui continue à me jeter de la poudre aux yeux. Je le sais ce faisant, le principe pertinent de ma propre pertinence s'amollit et je n'écris que du vague sans autre désir ou plaisir que de coller à ma propre absence. Je pourrais dire " trop de choses vaines me pèsent", ce serait un nota poétique qui servirait à colmater "mes brèches", celles qui gisent au ras de mon cœur; je pourrais donc m'exprimer ainsi dans le revers des choses " nouvelle prononciation verbale pour énoncer un autre état d'âme appelé à la rescousse; et cela " laisse insatisfait" pour la cause que…(et cela en surplus pourrait continuer ainsi des pages entières ) par le seul fait que ce rapport aux mots brut se heurte et gémit)…pourtant là dans le rapport au mot brut et à la brutalité du mot, je découvre LA DANS LE VENTRE DU MOT un souffle qui n'est ni de moi, ni de l'idée que j'en ai, mais qui est DE L'ESPACE DU MOT LUI MEME et cette différenciation dans les espaces vécus entre lui et moi , créer un étrange rapport, un rapport qui me brise et qui me charme, c'est pourquoi je vois que se lèvera bientôt……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..


IV

Nouvelles sanglantes un jour de rêve, glissent et s'enffolent dans les rives flamboyantes du marché aux couleurs, les artilleurs du Népal -Napalm- bombes - tombent- leur torse -couteaux- et se tirent dans le flanc un grand coup de vibro - poéme - vietnam.OUF! Continuez à croire que…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..STOP!


SVP

BIEN REFLECHIR AVANT DE CROIRE EN L'INNOCENCE DE CERTAINS FAUX POEMES

(DE) LA LANGUE INCERTAINE


Avant tout lire les avis d'obtempérer qui suivent laissés à l'abandon par le scripteur:

Inscrire un rapport poétique à la distance l'appliquer sur l'étendue des signes courants

___________


On ne peu forcer sa poétique, si l'âme du sujet n'est pas inspirée, il va se ramasser


V

Mais aussi, observer ce rapport à la fonction décrivante…observer qu'elle s'emploie ( plutôt qu'elle se déploie)comme un processus qui se lit emporté par le courant formé par le petit fleuve de la lecture…beaucoup de mots se rajoutent au seul fin plaisir de compenser ce manque à………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………POUR TERMINER LA PHRASE POUR LA COMPLETER OU POUR EN CREER UNE NOUVELLE CHOISIR UN MOT ICI OU SIMPLEMENT EN CREER UN NOUVEAU

jouir

Composer

a vivre

à réfléchir

à croire à …………………………………………………………………………………….



PARADE VI

(Fiction)


EBAUCHE POUR

UN ROMAN DE L'ECRITURE


Et puis d'autre part…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..quelque part dans la conscience de celui qui écrit, ce mystère qui n'est que lui porteur………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..à trop vouloir s'inspirer, il tombe dans le coma des vagues, il œuvre sur commande……………………………………………………………………………………………………………………………… il y a des pas dans l'écriture qui ne s'abritent pas………………………………………………..Il a conscience dans son écriture d'une réalisation du monde ( il a surtout conscience que des instants de vie disparaissent lorsque cette dernière lui échappe )et sans doute il en est profondément malheureux, c'est pourquoi il se plaint.
















PAYSAGE INTIME


(Fiction VII) .


Ce n'est pas de la pénibilité intellectuelle que j'éprouve à mettre en évidence certains états de cheminement dans mes projets, mais c'est une malicieuse sensation de "non sens" qui se déplace partout incessamment au centre du foyer à conviction sur l'angle des prémices littéraires. Et ce manque enregistré et dans l'abus même des mots qui prolifèrent . Et dedans un centième à peine de l'étincelle de ma mémoire peut à peine se placer et jaillir à bon escient, c'est à dire se montrer sans l'indécence des surfaces à paraître. J'ai déjà éprouvé ce manque au départ très tôt au début de l'écriture, quand je m'essayais à poser des mots les uns derrière les autres avant la découverte d'un enchaînement dialectique dans le langage, au fur et à mesure des étapes de l'écriture je suis retombé; ou plutôt je crois que je n'ai jamais vraiment compris l'écriture; ou pour trop l'avoir compris; je me suis laissé glissé à côté par faiblesse, ou peur d'en ressortir avec la face d'un noyé.




Car ce rapport à l'écriture est comme celui qu'on a avec une femme qu'on aime, si la femme est trop exigeante ou trop tentaculaire, un rapport à la distance ( avec elle) ne peut se fabriquer sans malentendu; à la longue, elle prend votre besoin d'autonomie pour de la froideur ou pour de la fuite; elle exige ( pour son contentement, pour lui seul) de vous que vous vous livriez corps et âme jusqu'à là dernière parcelle et elle ne prend plaisir qu'à vous dominer. Mais si elle vous aime réellement elle se plongera en vous comme vous avez plongé en elle sans rétention sans arrière pensée, et c'est seulement après que vous aurez droit à cet accès ( moyen) à la distance; vous pourrez l'utiliser alors si ça vous chante pour jouer avec elle à de nouveaux jeux amoureux tous plus raffinés les uns que les autres, un peu à la façon des amants qu'on lit dans la littérature libertine et héroïque du passé.





J'entrevois ailleurs une écriture parcheminesque et nue , pourtant assez fleurie pour susciter l'émoi, assez distancée pour captiver l'intellect assez leste pour se déplacer entre les crimes de certitudes qu'on nie à l'évidence.




Chères belle images de mon passé, je vous ennuie







En fait mon ambition serait peut être de

CONSTITUER UN MODE D'INVESTIGATION DU REEL TIRE DE L'ECRITURE ELLE MEME














FICTION VIII



RECIT










Peut être pour m'aider à appréhender certains rapports d'écriture, donner jour à un texte qui s'appellerait RECIT, à l'intérieur duquel se livreraient à nus certains aspects de la narration et certains de ses modes de "mise en évidence" ou certains des glissements ou superpositions, déstructurations etc…qui les accompagnent

Ce projet est à développer, à travailler sérieusement, car l'enclave dans laquelle je me trouve (à écrire) et aussi le produit d'une réelle confusion dans les modes d'expression envisagés sous l'angle toujours changeant insaisissable né de l'état de confusion dans lequel me jette le monde appréhendé par l 'aide unique de ma propre subjectivité.

Mais peut il en être autrement?

Si je devais m'inventer un programme, ma méthode serait d'éprouver le fonctionnement mis à nu des modes littéraires, à travers ceux que j'emploie( parfois inconsciemment ) au jour le jour.

Plus précisément elle serait de tirer des modes d'exposition aléatoires subjectifs, la puissance même d'une découverte.



RECIT I


UNE NOUVELLE NOTE .



Je ne sais pourquoi je m'intéresse plus spécialement "au récit", à part peut être que je pressens là ( dans son organisation intérieure ou dans son dérèglement ) comme un mode de fonctionnement clés; un mode de fonctionnement d'organisation ou de dérèglement clés pour le développement et la construction de la nouvelle littérature , de celle qui naît déjà aujourd'hui, et de celle qui naîtra probablement dans le futur.


Le développement non seulement d'un discours, mais de quelque chose de plus fort, comme la base d'un schéma virtuel de perception nouvelle, c'est dans la structure du mode opératoire du récit qu'on pourrait l'entrevoir; c'est peut être d'ailleurs davantage derrière le récit que dans le récit lui même qu'on pourrait s'attendre à trouver cette chose si elle devait exister.

D'une autre façon, je ne veux pas me leurrer, je dispose de très peu d'éléments pour mettre à jour une autre forme de perception du récit entièrement nouvelle, c'est à peine si je pourrais envisagé d'en mettre à jour une qui soit dévié (de la suite logique des précédents).Mais de cette impossibilité découle en partie la cause de ma fascination actuelle pour les écritures invisibles et pour celles qui sont fragmentées, et ma contribution critique faute de mieux ( aux formes de développements narratifs exponentiellements nouveaux se limite au discours sur les possibles bouleversements d'une telle entreprise



A vrai dire, je ne peu me contenter d'une suite jaillissante de mots ou de discours; je pressens en tout récit en eux et derrière eux, caché derrière leur vague un lien plus essentiel qui ne cesse de m'échapper et de m'atteindre.








AINSI SE FORMULE CHEZ MOI DES HYPOTHESES DE DECOMPOSITION DU RECIT PUREMENT FABULATOIRES.






Prit dans un délire théorique je me met à échafauder des hypothèses; il en ressort quelques notes tracées à la hâte.







NOTES:

Les modes utilitaires du récit doivent se combiner avec certains modes exploratoires destinés à capter les diverses formes intelligentes du récit pour en conserver la trace .


DANS UN PREMIER TEMPS,J'AIMERAIS DECOMPOSER LES MODES OPERATOIRES DU RECITS EN METTANT EN EVIDENCE CERTAINES FONCTIONS FASCINATOIRES EXERCEES SUR LE LECTEUR.





Décomposer les parties par périodes PERIODE D'APTATION

PERIODE DE DESAPTATION

A LA LECTURE


METTRE A JOUR LES ETREINTES

DU RECIT MAIS AUSSI SES

MESETREINTES ( Toujours dans un rapport

A la lecture).



DECOMPOSER LES DIVERS ETATS DE

CONQUETE DU RECIT

LE RECIT CONQUIET,SOIT L'ÄME SOIT

L'ESPRIT,SOITLES SENS DU LECTEURS

DETERMINER SUR QUELS SENS IL AGIT

LE PLUS REGULIEREMENT.

REPERER LES FORMES D'ETREINTES.


(METTRE A JOUR LES STRATES DE

SIGNIFICATION QUI EN DECOULENT)



FRAGMENT D'HYPOTHESE:


Mettre à jour les parcours( tous les parcours de lecture possibles).


Car j'y pressent à leur lecture (forcément polysémique) comme dans le théâtre qu'une évocation plus substantielle peut se tenir cachée derrière la trame visible de la découverte spontanée ( comme celle engendrée par exemple par la lecture banale d'un simple récit publicitaire ).A priori invisible se tiendrait caché derrière le récit principal, une forme d'intelligence qui se révélerait peu à peu , comme la manifestation essentielle du récit, ( comme une intelligence dans l'intelligence).C'est cette partie là qui m'intéresse, ( l'invisible) autant si ce n'est plus que la visible.)



LES MODES DE NARRATION.


Je ne veux pas vraiment me leurrer, il n'y a pas vraiment de mystère à découvrir là.

Le mystère s'il apparaît doit être ailleurs.




MODES AMBULATOIRES ET DEAMBULATOIRES DU RECIT.





Derrière le mystère de leur existence, percer et mettre à jour l'existence d'une véritable, règle harmonique des genres. Mettre en relief l'évocation véritable qui se distingue toujours des produits factices par une forme et un relief déambulatoire particulier.

Ici se situe toute la problématique de mon écriture ou d'une partie ( celle atteinte de vertige).En ce sens cette démarche qui consiste à mettre à jour les modes opératoires qui donnent naissance aux séries ambulatoires et déambulatoires du récit c'est le plus important.

C'est le plus important, car derrière les modes en question se tient dissimulé, ce que faute de mieux pour le qualifier j'appelle d'une façon factice " LA DECOUVERTE DU SENS" ou des sens; cette découverte se trouve liée en tous points A LA CONSCIENCE PHYSIQUE D'UN PARCOURS TEXTUEL. Cette découverte à pour but de mettre en évidence l'existence d'un phénomène purement TACTILE dans l'acte qui consiste à LIRE comme dans celui qui consiste à ECRIRE..


Dans cette optique, l'important n'est plus forcément le ( sens du ) texte en lui même, mais la prolifération de sens ou des sens qui s'en dégagent. CETTE MANIFESTATION EST TOUJOURS INCONSCIENTE OU DU MOINS INVISIBLE DANS LE RECIT.

LA RENDRE CONSCIENTE SERAIT L'OBJECTIF QUE SE DONNERAIT EN PARTAGE LES SCRIPTEURS DU FUTUR.

Toute la difficulté ( pour la faire apparaître ) réside dans le fait que les modalités d'appréhension de cette structure échappent encore pour l'essentiel à notre compréhension logique ( du fait que cette chose ne possède pas ( pour le moment)de caractéristique logique). Cette structure se trouve dissimulée derrière la face apparente du récit ET SA DISSIMULATION FAIT PARTIE INTEGRANTE DU RECIT APPARENT, C'EST POURQUOI LA SAISIR EST UNE OPERATION TRES DELICATE QUI DEMANDE ENORMEMENT DE TACTE ET DE SUBTILITE ce dont je manque au plus haut point malheureusement, cela veut dire que ma tâche pour repérer ces fonctions sera encore plus compliquée.




RECIT II



AVIS AU LECTEUR



DANS CETTE PARTIE DU RECIT APPRETEZ VOUS A LUTTER AVEC FORCE CONTRE L'ESPRIT D'EGAREMENT DU NARRATEUR.



Un des mots clés pouvant apparaître à cette étape est celui de fiction. "Les récits quoi qu'il en soit sont des fictions" C'est à dire que les récits restent des fictions contre toute attente, quelque soit les récits, et cela malgré toutes les tentatives faites pour leur donner un statut différent. Si je décris un aspect du monde ou de la réalité ( même avec la meilleure intention) c'est à dire avec l'intention d'en donner une reproduction fidèle, le récit lui ( malgré cette intention) ne donnera jamais qu'une réplique de cette réalité; tout comme une photo n'est pas le paysage réel ( mais un paysage fictif) le récit n'est pas la réalité vraie; il n'est qu'une tentative faite en vue de la reproduire Ainsi si nous cherchons à reproduire la réalité, nous n'avons pour se faire( pour pouvoir la reproduire) que la possibilité ( toujours limitée) de choisir entre différents sortes de récits ( de fiction) pour arriver à nos fins.

Que je choisisse tel ou tel ( récit) y va sans doute de son importance. Je peu choisir tel ou tel récit sans être d'ailleurs conscient de son implication (fictionnelle).Je peu être à mon corps défendant le sujet d'une instrumentation du récit par le simple fait d'employer tel ou tel type de récit sans me douter de ses implications textuelles sous - jacentes . Je peu être narré sans m'en rendre compte par l'emploi ou l'utilisation d'un mode de récit qui joue avec moi ou contre moi, sans que j'en sois conscient.

Le lecteur n'a pas lui à avoir ses états d'âmes; pour lui l'adhésion, avec la lecture (du récit) soit elle se fait, soit elle ne se fait pas. Si elle se fait c'est mieux; si elle ne se fait pas, ou si elle se fait de travers, il faut savoir pourquoi, elle n'agit pas. Peut être l'auteur a t'il voulu ( dans certains cas très particulier ,parfois totalement inconscients) que celle ci s'opère de travers; la singularité de son récit tenait peut être dans cette non adhésion, dans cette forme de faussage de la lecture. Allez savoir! Dans ce cas il faut bien le dire , la fiction vraie du récit, à peut être débordé du cadre imparti au récit (vraie)* d'une façon volontaire , cela afin d'embrouiller le lecteur; afin de l'empêcher d'accéder aux intentions réelles sous jacentes derrière le véritable récit ( celui qui jouerait à travers l'emploi de la langue à travers l'emploi de l'écriture, à travers les postures physiques engendrées par le récit) ces dernière serait peut être en réalité l'enjeu véritable du récit. Allez savoir!

Si l'adhésion au récit se fait tant mieux! Tant mieux, même si elle se fait de travers! C'est ce que disent la plupart des amoureux de l'écrit. Car pour eux compte plus la poétique du récit et l'effet de mystère engendré que la sébile cachée derrière le récit et qui le doublerait sous la forme d'un contenant aux effets physiques articulés tout au long du récit.( constituant le corps même du récit).Pour eux pour ces amoureux de l'écrit, c'est dans l'effet porté qui se crée entre l'adhésion de celui qui écrit et de celui qui lit que "l'événement" ce qu'ils appellent " le miracle poétique du récit" se réalise. Il est difficile de leur contester cette beauté qui naît à l'apparition du récit lorsqu'il se décline sous une forme qui rappelle celle d'une rose qui s'ouvre sous l'effet conjugué de l'apparition du jour et d'une substance vitale qu'on appelle la rosée, car il est toujours troublant d'apercevoir à travers la simplicité naissante du monde, les effets d'une vérité qui se prolongerait jusque dans l'écrit.

Mais nous disons nous simplement que des DECALLAGES SUCCITES dont avons parlé plus haut, peuvent naîtrent de non moins nobles attraits, sinon d'aussi troubles beautés, ou du moins d'autres belles formules d'où la poétique même n'est pas à exclure.

Ainsi ce qui se précise dans cet état de description que je m'efforces de produire( aussi vague soit il) c'est bien un compte rendu; le compte rendu des possibilités virtuelles du récit; celles inscrites dans le récit sous forme d'un corps souvent invisible, mais pourtant bien réel ( puisqu'il n'est autre que le corps tangible et concret du récit , celui qui agit en sous main sur les sens du lecteur pour les séduire ou les obstruer sans parfois même qu'il s'en rende compte ).


Quand au mystère du récit quand est il réellement alors! nous disent provoquant ceux qu'on appellent parfois les légistes (ceux qui en nous ou à travers nous ont pour tache d'ordonner et d'assembler les récit) Qu'en est il des mystères si tout n'est plus qu'une question d'ordonnance sous jacente?

Naturellement, nous préférons nous nous adresser aux poètes sculpteurs de récits plutôt qu'aux exécrables légistes de même qu'aux grammairiens, correcteurs etc.. qui ont droit également aux honneurs).

Malgré cela , nous répondons à tous légistes, poètes, grammairiens ,correcteurs etc BREF A TOUS CEUX LA QUI DORMENT EN NOUS TOUS … certes les mystères existent dans tous les meilleurs récits (écrits) cela ne fait aucun doute; mais ce n'est pas forcément parce que nous les aurons convoqués qu'ils apparaîtront d'emblée; nous avons remarqué d'ailleurs que c'est bien souvent dans la faculté qu'ils ont de leur échapper que réside la maîtrise réelle de ceux qui les engendrent. Pourquoi n'en serait il pas de même pour les lecteurs? Qu'ils s'absentent un peu et peut être …des mystères ils verront poindre le jour.

Vous rechignez! Et vous n'avez pas tord si vous trouvez la réponse un peu facile; mais vous devrez vous en satisfaire néanmoins pour l'instant, car nous n'en n'avons pas d'autre à portée de la main. D'ailleurs, à ce stade du récit si vous n'avez pas compris ou nous essayons d'en venir nous n'arriverons jamais à rien avec vous il vaudrais mieux à notre humble avis que vous cessiez de perdre votre temps à nous lire; nous ne devons pas être fait pour nous entendre!..

Si vous insistez…c'est tout à votre honneur, mais vous devez savoir…que si vous ressortez déçu de cet entretien, ce sera en partie grâce à votre obstination à nous lire.















RECIT III



UN TEXTE A INVENTER,CAR PRESQUE INDECHIFRABLE.

QUESTIONNEMENT DU RECIT ET POETIQUE DU RECIT( suite presque illisible de la précédente partie).

Vers une problématique originelle de questionnement du récit.

EXTRAITS(I)

A l'origine de cela, il y a un discours trompeur et prétentieux, une tentative d'humiliation et de destruction par ce sous-discours même saisit comme une évidence par certains qui l'affichent pour le faire voir valoir comme une valeur impondérable, fixe ,intangible et à jamais inscrites dans le registre universelle des croyances ; ils s'en servent mécaniquement comme instrument d'évaluation et de consolidation de leur propre pouvoir pour……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Dans l'écriture de la fatalité et de la mort qui est le discours de tous ceux qui pratiquent la langue comme un objet d'asservissement (comme nous l'avons montré plus haut) revoici surgissant l'idée fixe d'une société dont l'origine serait inscrite dans celle du mot, inscrite aussi dans un supplice qu'on aurait fait subir à la langue pour la faire rentrer dans l'ordre d'un récit qui soit conforme à l'ordre "grammatical" conforme aussi à l'ordre moral sécrété par la société à ………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………………………………………………………………. ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………En réalité la perversion inscrite dans l'idée originelle du récit, découle des modes d'inventions qui ont été confisqués par les sollicitant de la premières heures , afin de faire croire que les récits de création du monde crées par les dieux, s'accordaient avec ceux fictifs crées par les hommes.






CEUX QUI VOUDRONT POURSUIVRE CETTE TROISIEME PARTIE DU RECIT,DEVRONT ON L'AURA COMPRIS EN RECONSTRUIRE EUX MËME LE SENS CAR IL EST PRESQUE ENTIEREMENT PERDU


Je n'abuserai pas de la patience et de la pertinence du lecteur en lui proposant une lecture de L'EXTRAIT II qui suit encore bien plus illisible que le précédent. Il devra se contenter d'en imaginer lui même la teneur, ou même il devra en inventer une part s'il croit qu'elle est nécessaire à la compréhension du reste du récit .






RECIT IV


DANS CETTE PARTIE DU RECIT( si tu la poursuivi ) PREND GARDE O LECTEUR DE NE PAS SOMBRER DANS LA MELANCOLIE



Il est conseillé de lire à haute voix cette partie avec pour fond sonore une voix de castrat.







(FICTION IX)


INVOCATION




Acheter des poésies pour m'enchanter et alors!

Si j'entrais dans un processus confessionnel pour affirmer ma peine et mon incapacité à te convertir à ma douleur ( O lecteur) qui verrais tu toi même? Incapable de toi même!

Tu m'administre des états d'être qui me brisent le corps, et tout va bien ainsi en s'immolant par dessus le manteau, et tout porte à croire que ce par dessus le marché porte le manteau de ta propre frayeur en cette croyance aussi simple que deux et deux font la somme de quatre.

Etendue d'un sommeil qui m'enlace à tous chiffres porteurs de ce simple déraisonnable silence qui t'accompagne à LA LECTURE DE CE RECIT

Qui voit tu (Ö lecteur) en ce blême silence qu'accompagne toute récitation dictée sous cape.

Car il n'y a pas d'autre chant ni d'autre récit ( aussi accompli) que celui la même ( celui qui te brises) en te promenant dans cette page pleine de somme, comme deux et eux font la somme de quatre et que tu te met à m'engendrer avec ce mot ( au choix) dans ton dos accroché et fixé à ton cou


POURSUIT

ABANDONNE


Ce récit et rêve de t'ennuyer en m'ignorant

Comme l'écriture du mystère

Qui se récite en me lisant

Ici même

Sur ce monstrueux cahier

Ou t'écris

En même temps

Que moi je lis

Mot

Pour mot

Ce que

Mystère engendre



Voilà, j'ai terminé ma façon d'être à ta lecture

Maintenant dis moi

Ou est tu?

Et t(on) p(as) qui glisse

T(rêve) de sol(eil)

Quelques t(âch)es

Les m(eub)les s'(abî)ment

Et l'h(ist)oire se dé(fait)

Nous ent(ro)ns dans la s(aiso)n des erreurs

Car alors

Que de m(on)tagn(es) en p(ers)pectives







FICTION SANS FIN(X)






C'est ainsi qu'il pourra sauver son fonctionnement


Etre incompréhensible

Incompréhensible à souhait



Et voici pas à pas se meubler

Le symbole de l'histoire

Et les divers récits qui peuvent

Tout aussi bien

L'engendrer

REGARDE Ö L(ECT)EUR RE(GA)RDE

TOUCHE CE LIEU IMPARFAIT DU REGARD

PREND PATIENCE

ET PLAISIR

CAR CE RECIT EST SANS FIN


 



 


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